đŸ–ŒïžBLACKLINES : « CORTÈGE DE TÊTE DES ARTISTES AU SERVICE DES LUTTES »

– Manifeste pour une culture subversive –

« Nous ne sommes pas un collectif mais un lieu oĂč se raconte le monde, oĂč se racontent les Ă©vĂ©nements. Un lieu de crĂ©ation surtout, avec toute les rencontres qui en dĂ©coulent. Nous sommes un mouvement, un mouvement vĂȘtu d’images. Et nous pensons que cet ensemble d’images, par le seul fait d’ĂȘtre reprĂ©sentĂ© provoque une action directe sur l’esprit du monde. Nous souhaitons dĂ©ployer un espace mental et culturel commun capable d’embraser la « culture institutionnelle » dans toutes ces dimensions et d’en dĂ©celer les contradictions, car nous avons constatĂ© une espĂšce d’Ă©puisement essentiel dans l’esprit de celle-ci. Devenue trop figĂ©, trop loin du RĂ©el, trop loin de son essence, trop loin de la vie.

Nous revendiquons un appel Ă  d’autres mode de lecture du RĂ©el et souhaitons crĂ©er des outils pour l’observer, le comprendre, s’y mĂȘler et le transformer. Car nous pensons que l’art doit s’emparer des prĂ©occupations particuliĂšres et les hausser au niveau d’une Ă©motion capable de bousculer le temps prĂ©sent. Nous pressentons que l’art peut pressentir et que c’est peut-ĂȘtre une de ces fonctions que d’ĂȘtre ce prĂ©sent qui ressent, qui sait flairer dans les contraintes et failles de la culture prĂ©sente, les frĂ©missements fous d’une culture naissante encore inconcevable.

Nous revendiquons un appel Ă  d’autres mode de lecture du RĂ©el et souhaitons crĂ©er des outils pour l’observer, le comprendre, s’y mĂȘler et le transformer. Car nous pensons que l’art doit s’emparer des prĂ©occupations particuliĂšres et les hausser au niveau d’une Ă©motion capable de bousculer le temps prĂ©sent. Nous pressentons que l’art peut pressentir et que c’est peut-ĂȘtre une de ces fonctions que d’ĂȘtre ce prĂ©sent qui ressent, qui sait flairer dans les contraintes et failles de la culture prĂ©sente, les frĂ©missements fous d’une culture naissante encore inconcevable.

Nous savons que la culture n’agit pas directement sur la vie, mais nous pensons qu’elle agit sur le monde, grĂące Ă  la force qu’elle a de pĂ©nĂ©trer et de transformer le monde. La perpĂ©tuitĂ© d’une mĂȘme direction imposĂ©e par la « culture institutionnalisĂ©e » Ă©touffe notre vitalitĂ© crĂ©atrice. Trop d’artistes en sont arrivĂ©s Ă  ce sentir exclus de cette culture formatĂ©e. Et nous pensons que chaque gĂ©nĂ©ration doit affirmer sa volontĂ© et son imagination face Ă  ces nouvelles menaces exigeant que l’on rĂ©examine ces questions Ă  chaque Ă©poque.

L’insurrection de l’art , l’insurrection de la pensĂ©e, la libertĂ© d’initiative, voilĂ  ce qui est dĂ©cisif pour un art vivant. Nous possĂ©dons les moyens de façonner nos imaginaires mais notre Ă©poque est en train de pĂ©rir en oubliant de les employer. En oubliant que l’idĂ©e de l’avenir est plus fĂ©cond que l’avenir lui-mĂȘme, et c’est cette idĂ©e de l’avenir que nous voulons raconter. Car nous ne sommes pas collectif mais un lieu oĂč se raconte l’avenir, oĂč nous guettons les Ă©vĂ©nements. Un lieu de crĂ©ations surtout, avec toutes les rencontres qui en dĂ©coulent. »


Texte de Itvan K et Lask pour Black Lines