Depuis 8 jours, à Seattle, grande métropole des USA, une Zone Autonome prend racine. L’équivalent d’une ZAD, mais au cœur d’une grande ville américaine ! Dans un quartier appelé «Capitol Hill», ce territoire «libéré» s’est baptisé CHAZ : «Capitol Hill Autonomous Zone».
L’enseignante féministe Gwenola Ricordeau raconte sur Twitter ce qu’elle y voit :
«Je suis arrivée à la CHAZ de Seattle avec l’intention de participer, apprendre, échanger avec les camarades. Quelques petites infos rapidos […]. La zone a été établie le 8 juin, autour du commissariat que la police a du abandonner. C’est un ensemble de 6 pâtés de maison dans le quartier emblématique de Seattle à la fois pour ses lieux alternatifs, politiquement radicaux et pleins d’espaces, bars et associations LGBT.
Depuis, il y a des espaces de discussions, des forums, des concerts, un campement, un potager fait par des africains-américains, il y a de la nourriture, des toilettes, une bibliothèque… Tout ça gratuit. Il y a des street medics […] des gens qui gèrent la sécurité à la fois aux entrées de la zone et qui gèrent les embrouilles.
J’en ai vu d’autres et je peux vous dire que c’est plutôt impressionnant pour une zone établie il y a moins d’une semaine. Parenthèse : quasiment tout le monde porte des masques. À disposition il y a partout du gel.
Alors une zone d’autonomie pour quoi faire? Pour apprendre – je ne suis pas la seule à être frappée qu autant de blancs découvrent maintenant les violences policières… –, pour construire l’autonomie, avoir une base stratégique pour le mouvement… La CHAZ c’est des centaines de personnes impliquées dans plein de commissions, de groupes de volontaires. C’est des dizaines de milliers de personnes qui y passent. […] »
Quelle que soit l’issue de cette zone autonome, qu’il s’agisse d’un énième espace de délibérations comme l’étaient les mouvements Occupy ou Nuit Debout, ou que cela débouche sur une vraie base de lutte pour organiser la révolution, il est déjà prodigieux de voir un quartier arraché à la normalité dans une ville aux USA.
L’expérience de Seattle et des soulèvements en cours partout dans le monde dessinent les grands axes pour les révoltes en cours et à venir :
- Mettre en échec la répression
- Développer nos propres médias pour diffuser nos discours
- Organiser l’autonomie, que ça soit par à travers des ZAD ou directement dans les villes, en libérant des quartiers de l’emprise policière pour y expérimenter d’autres façons d’habiter
L’avenir appartient à celles et ceux qui luttent !
AIDEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide.