Liban : Israël applique la même doctrine qu’à Gaza et annexe le sud du pays dans une totale impunité


Les médias français nous ont dit et répété sur tous les tons depuis 2023 que, si les otages israéliens étaient relâchés, «la guerre s’arrêterait immédiatement». Qu’Israël ne faisait «que se défendre». Que le problème c’était le Hamas. Aujourd’hui, l’appétit insatiable et sanglant du sionisme se déchaîne sur le Liban. Les médias dominants mentent toujours.


Un bombe israélienne explose sur un village dans le sud du Liban

«Toutes les maisons des villages frontaliers libanais seront détruites, sur le modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza». Le 31 mars, le ministre israélien de la Défense annonçait que son armée avait l’ordre de réduire à l’état de poussière tout le sud du Liban. Il déclarait aussi que «l’armée israélienne contrôlera l’ensemble de la zone située au sud du fleuve Litani, y compris le pont. Le retour des 600.000 habitants du sud du Liban, actuellement évacués vers le nord, sera totalement interdit».

C’est donc une opération de déplacement forcé et de massacres qui est en cours. Israël annexe une zone d’une trentaine de kilomètres au Liban en la vidant de ses habitant·es, sur un territoire à peine plus grand que la Haute-Garonne. Cela représente 8% de la surface du pays, et 10% de la population totale libanaise. Sur BFM, un colon israélien déclare, exalté, en montrant du doigt le territoire libanais : «Tout ça, c’est Israël ! Nous avons reçu l’ordre de Dieu de la conquérir !» Le clan de Netanyahou poursuit son projet messianique. Le 8 octobre 2024, il avait déjà menacé le Liban des «mêmes souffrances que Gaza».

C’est effectivement la même doctrine qui est utilisée au Liban. Ces derniers jours, le cadavre d’un nourrisson de cinq mois a été retrouvé dans les décombres après un bombardement israélien. Trois journalistes ont été assassinés alors qu’ils circulaient dans leur véhicule. Cinq secouristes perdaient la vie dans les mêmes circonstances. Des lieux saints étaient saccagés. Détruire l’information et éliminer ceux qui soignent, en somme inspirer la terreur à toutes et tous. Les journalistes assassinés sont présentés artificiellement comme proches du Hezbollah, justifiant ainsi leur élimination. Et les secouristes sont la plupart du temps assassinés en portant secours, notamment via la méthode du «double tap», une double frappe qui tue une première fois, puis vise ceux venus porter secours. Voilà les pratiques systématiques d’Israël.

L’intention fasciste et génocidaire est confirmée par des menaces qui viennent d’être adressées aux communautés chrétiennes et druzes du sud du Liban : elles pourraient rester dans la zone d’évacuation si elles en expulsent tous les musulmans chiites qui aurait cherché refuge parmi elles. C’est une épuration ethnique avouée et assumée.

Le bilan humain est déjà effroyable : en un mois, plus de 1400 civils libanais sont morts, ce qui équivaudrait à 17.000 morts en France. Il y a déjà 1,3 millions de déplacés, soit 20% de la population. C’est comme si 15 millions de personnes se retrouvaient sur les routes, en France, chassées de leurs maisons par une armée en guerre.

Malgré les nombreuses condamnations très tranchantes du ministre Jean-Noël Barrot – qui a osé déclarer que «la France se tient aux côté de ce peuple frère» tout en l’abandonnant – et de son président, la France et l’occident, coupables par omission, sont en train de laisser une partie du Liban se faire annexer.

Et puisqu’il n’y a aucune limite, alors Israël dépasse tout ce qui est imaginable. Son armée tire sur des casques bleus, des membres de la FINUL, la force d’interposition de l’ONU. L’impuissance de la communauté internationale se résume par les meurtres. Si le Hezbollah avait touché un cheveu de ces militaires, cela aurait probablement déclenché des opérations terrestres de tout l’Occident, qui abandonne le Liban aujourd’hui. Mais puisque les assassins sont israéliens, il ne se passe rien. Le niveau de soumission de la communauté internationale à Israël est devenu vertigineux : les casques bleus doivent-ils se laisser tuer sans se défendre pour faire plaisir aux sionistes ?

L’armée libanaise, financée à hauteur de 200 millions d’euros par les USA chaque année, est complètement impuissante et abandonne sa propre population. De nombreuses vidéos circulent, montrant certains habitants supplier leur armée de ne pas les laisser à la merci de l’envahisseur, sans succès. D’autres vidéos et photographies témoignent de l’enfer qui se déchaîne sur certains villages, rayés de la carte afin de décourager les habitants d’y revenir un jour.

Beyrouth est continuellement bombardée, non seulement dans ses quartiers sud mais également dans des zones qui n’ont rien à voir avec le conflit. Par exemple des parkings de voitures neuves où il n’y a pas âme qui vive. Quand ils ne bombardent pas, les avions de chasse de Tsahal s’amusent à briser le mur du son au-dessus de la capitale en pleine nuit. Le but recherché est de faire peur à la population libanaise, de la fatiguer, de la torturer à défaut de l’assassiner. Une nouvelle génération libanaise va être sacrifiée, traumatisée et déchirée.

Barrot est devenu le symbole, à lui seul, de l’effondrement de la force diplomatique française à l’international, et continue de servir de papier toilette à Netanyahou. En effet, trois casques bleus français ont été pris pour cible par des tirs de soldats israéliens lors d’une patrouille dans le sud du pays. Le chef de cette unité, un général, a été humilié et mis en joue par un des soldats israéliens. Le quartier général de la force de l’ONU est carrément encerclé par ces derniers, rendant tout déplacement de la FINUL périlleux, voire mortel.

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