Cessez-le-feu en Iran : les USA plus isolés que jamais


Que vaut encore la crédibilité d’un homme qui, dans la même journée, menace d’une apocalypse thermonucléaire à midi et parle de paix mondiale à minuit  ?


Donald Trump menaçant l'Iran à côté d'un lapin en peluche... avant de signer un cessez-le-feu quelques jours plus tard.

Après les massacres, les destructions, l’écocide et la menace nucléaire, l’agression des USA entamée le 28 février prend fin comme elle avait commencé : dans l’absurdité et la confusion. Cette séquence dévoile un isolement sans précédent des USA sur la scène internationale.

Comme souvent, Donald Trump se comporte en PDG tyrannique dans le cadre de négociations géopolitiques : il menace du pire pour finalement faire des concessions. Mais ces derniers jours, il a perdu pied. Embourbé dans une guerre sans issue, hésitant à envoyer des troupes au sol, contesté par ses propres généraux et ayant perdu plusieurs avions de guerre réputés invincibles, le gouvernement des USA cherchait à trouver la sortie. Pour cela, Trump a amplifié les bombardements et menacé hier de «détruire toute la civilisation» iranienne. Ou encore de renvoyer le pays «à l’âge de pierre». Une menace de génocide par bombe atomique.

Finalement, quelques heures plus tard, la nuit dernière, c’est un cessez-le-feu de deux semaines qui est signé. Selon l’Iran, les États-Unis ont accepté un engagement de non-agression, le retrait des forces étasuniennes de la région, le contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz et la fin des opérations militaires sur tous les fronts, ainsi que le versement de compensations à l’Iran. Des négociation entre les États-Unis et l’Iran doivent démarrer à partir de vendredi au Pakistan.

Donald Trump affirme que l’accord avec l’Iran constitue une «victoire complète et globale» pour les États-Unis. Il évoque «un grand jour pour la paix mondiale» et affirme que l’Iran peut désormais entamer sa reconstruction. 48 heures plus tôt, lors d’un discours à côté d’un lapin en peluche, il excluait toute idée de cessez-le-feu et affirmait que l’Iran «peut tomber demain». Que vaut encore la crédibilité d’un homme qui, dans la même journée, menace d’une apocalypse thermonucléaire à midi et parle de paix mondiale à minuit  ?

Chaque camp crie donc victoire, mais les faits sont là. Le plan de cessez-le-feu de deux semaines prévoit d’autoriser l’Iran à prélever des taxes sur le passage des navires sur le détroit d’Ormuz, des fonds que Téhéran pourra utiliser pour la reconstruction. Si cet accord se confirmait, ce que rien ne garanti tant le gouvernement Trump est lunatique, ce serait une défaite majeure pour les USA. Non seulement le régime iranien n’est pas tombé, mais il s’est renforcé. Le détroit d’Ormuz passerait sous son contrôle, et l’Iran pourrait récupérer des milliards de dollars sur le transit des navires. De son côté, Trump n’a atteint aucun de ses objectifs, sinon la dévastation d’un pays et la dépense de milliards de dollars de missiles et de bombes.

Son opération s’appelait «fureur épique», «Epic fury» en anglais, elle n’est qu’un sanglant échec. La «guerre Sainte» dont rêvait sa garde rapprochée est une démonstration de faiblesse politique. Les USA sont coutumiers du fait : du Vietnam à l’Afghanistan, l’Empire et sa plus grande armée du monde ne gagne pas ses guerres, mais elle montre au monde sa capacité de violence.

Mais le plus grave pour Trump est qu’il a dévoilé au monde sa solitude. Jamais les USA n’ont été aussi isolés sur la scène internationale. Lors de la guerre du golfe 1991, ils prenaient la tête d’une coalition de 28 nations. 51 pays étaient engagés dans la guerre des USA en Afghanistan. En Irak en 2003, la coalition menée par les USA rassemblait 49 pays. Et en Iran ? En-dehors d’Israël, les USA ont agi seuls. Il semble même que Trump ait été manipulé par Netanyahou, qui l’a convaincu d’attaquer en lui promettant que le régime iranien était sur le point de tomber. Il a menti, comme toujours.

Trump a pourtant menacé ses alliés européens d’attaquer le Groenland s’ils ne le suivaient pas en Iran. Mais rien n’y a fait. Même les vassaux les plus soumis des USA ne se sont pas lancés dans une opération aussi absurde que sans issue. Et en ont marre d’être humiliés par leur «protecteur». L’axe américano-sioniste est délaissé par ses plus proches partenaires, et Trump pourrait bien, par sa politique aussi violente que délirante, mettre fin à l’hégémonie étasunienne.

Pour autant, cette agression contre l’Iran est le quatrième épisode d’une sinistre série commencée en 2023, et qui n’est sans doute pas terminée. Cette guerre n’était qu’une autre série d’attaques contre l’Iran ces trois dernières années : la précédente offensive majeure avait eu lieu en juin 2025, baptisée «Lion qui se lève», et initiée par Israël. Ce n’est malheureusement sans doute pas la dernière, et le Levant risque bien de continuer de subir le chaos et la dévastation.

Pendant ce temps, le peuple palestinien continue d’être décimé, pendant que le Liban est dévoré par son voisin sioniste.

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