Bologne : révolte après un crime policier

Lundi 20 juillet, la colère a éclaté dans les rues de Bologne, après la mort d’un quadragénaire d’origine marocaine entre les mains de la police. La veille, Abderrahim Fakir avait été interpellé très violemment par des agents qui l’avaient plaqué au sol pendant de longues minutes après l’avoir gazé, provoquant son décès. Cette méthode, appelée «plaquage ventral», a causé de nombreux morts par asphyxie en France, notamment celles de Cédric Chouviat et Adama Traoré. Un médecin explique que «Fakir souffrait d’une forme de délire, il était erroné de le maintenir immobile longtemps».

La vidéo de l’arrestation, montrant la victime appeler à l’aide, a enflammé l’Italie, et des milliers de personnes se sont rassemblées à Bologne aux cris de «tout le monde déteste la police».

Le maire de la ville lui-même a pris la parole dans les médias : «La politique ne peut pas ignorer ce qui s’est passé», demandant «d’abord la vérité, ensuite la justice». Quelque chose d’inimaginable dans une mairie française.

Le lendemain du décès, des affrontements ont duré tard dans la nuit, provoquant l’incendie de deux voitures et 64 policiers blessés selon les autorités. Depuis, une autre vidéo tournée à Bologne montre un des agents impliqués dans la mort de Fakir en train de procéder à une arrestation violente.

En 2024, des émeutes avaient éclaté à Milan, autre ville du nord de l’Italie, après le décès d’un jeune homme d’origine égyptienne, Ramy Elgaml, percuté par une voiture de police alors qu’il était sur un scooter. Dans la même ville, un policier avait exécuté un marocain accusé de trafic de stupéfiant dans un terrain vague, en -dehors de toute légitime défense, et avait maquillé la scène du crime. L’enquête avait révélé que le tireur faisait régner sa loi sur ce point de deal, commettant du racket.

Le gouvernement Meloni a voté plusieurs lois répressives, et une vague de racisme contre les maghrébins, surnommés péjorativement «maranza», se manifeste de plus en plus violemment en Italie.

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