Vers une fusion des armées des USA et d’Israël ?

Trump et Netanyahou, deux chefs d'États fascistes dont les armées pourraient bientôt fusionner.

Le sujet est passé inaperçu en France, alors qu’il s’agit d’une accélération géopolitique catastrophique : la chambre des représentants des États-Unis a voté, le 22 juillet dernier, un projet de fusion stratégique entre les armées des USA et d’Israël. Ce ne sont pas nos mots, mais ceux d’un élu Républicain nommé Thomas Massie, qui s’oppose à Donald Trump et dénonçait ce projet.

Ce vote a eu lieu dans le cadre du débat sur le budget militaire étasunien de 2027. Sans surprise, ce sont des sommes absolument colossales que la première puissance militaire mondiale débloque pour son armée l’an prochain : une augmentation de 250 milliards de dollars, ce qui élèvera le budget militaire des USA à 1.150 milliards l’an prochain. C’est, de très loin, le premier budget militaire du monde, représentant plus de 3 fois celui dépensé par la Chine et 7 fois celui de la Russie, et quasiment 15 fois celui de la France.

Les USA ont bombardé au moins 7 pays entre 2024 et 2026, enlevé le dirigeant du Venezuela, affamé Cuba, déversé un tapis de bombe sur l’Iran, armé le génocide à Gaza, et menacent leurs propres alliés membres de l’OTAN pour annexer le Groenland. C’est un empire dirigé par un fasciste, qui se comporte comme un gang. Les USA sont bien la première menace pour la paix mondiale.

Dans ce texte, un passage baptisé «section 219» est encore plus préoccupant : il s’agit d’une coopération renforcée avec Israël dans le domaine des technologies militaires, de la production d’armes, de la défense antimissile, des capacités cybernétiques, du partage de données, ou encore de la recherche… Les appareils militaires des USA et Israël vont travailler encore plus étroitement et coordonner leurs stratégies. La section 219 permet aussi un transfert d’armes depuis la réserve stratégique étasunienne vers Israël jusqu’en 2029. C’est une fusion de fait entre les complexes militaro-industriels deux pays, qui rend leurs deux armées interdépendantes, et verrouilleront le soutien à Israël quelles que soient les prochaines administrations. Tsahal aura accès à l’arsenal et aux chaînes de production étasuniennes, ainsi qu’à leurs technologies de pointe. Les industries de défense américaine et israélienne ne feront qu’un, et produiront ensemble.

C’est d’ailleurs ce que dénoncent les élus étasuniens opposés au projet, y compris chez les Républicains : une perte de souveraineté des USA au profit d’Israël. De fait, la première armée mondiale deviendra dépendante des choix stratégiques d’Israël, et devra s’aligner sur toutes ses guerres. Qui plus est, la section 219 a été adoptée lors d’un vote bloqué et sans débat, un équivalent du 49.3 chez nous. Et malgré cela, le texte a failli ne pas passer : il n’a été voté qu’à 216 voix contre 212.

Israël est un État colonial et génocidaire ultra-militarisé : il a les dépenses militaires par habitant les plus élevées du monde, et Netanyahou décrit lui-même son pays comme une «super Sparte», en référence à la Cité guerrière grecque de l’Antiquité.

Pour conclure ce tableau qui fait froid dans le dos, les USA ouvrent aussi la porte à la conscription. Le gouvernement Trump va rendre automatique l’inscription des jeunes hommes admissibles au service militaire à partir du mois de décembre, pour «simplifier la procédure» et «adapter les effectifs en conséquence». L’armée de terre américaine a relevé l’âge maximum d’enrôlement dans ses rangs de 35 à 42 ans, et a assoupli la possibilité de recruter des personnes condamnées. Les jeunes étasuniens s’inquiètent d’un retour du service militaire obligatoire pour fournir plus de soldats dans les guerres à venir. La porte-parole de la Maison Blanche n’a absolument pas démenti, expliquant que Donald Trump se gardait «toutes les portes ouvertes» au vu du contexte.

Le 28 juillet, Netanyahou se rendait en toute impunité à Washington, pour sa huitième rencontre avec Trump. Il y a célébré la fusion de son armée avec celle des USA, avant de lancer de nouvelles menaces contre l’Iran et de rejeter le «plan de paix» pour Gaza proposé par son allié. Son objectif est la guerre permanente et l’élimination du peuple palestinien.

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