
Alors que les appels à descendre dans la rue et bloquer le pays le 17 octobre prochain se multiplient sur les réseaux sociaux, la colère se concrétise déjà par une première action. Le prix du carburant a récemment atteint des niveaux intenables, près d’un euro au-dessus des tarifs affichés en 2018, quand le mouvement des Gilets Jaunes avait embrasé le pays. Il est devenu hors de prix de se déplacer en voiture pour aller trimer pour des salaires misérables. À cela s’ajoute l’explosion des tarifs du gaz, de la nourriture, de l’électricité, l’augmentation des taxes… Tout le monde le sent bien, ça ne peut plus durer.
Ce mardi 15 septembre, des pêcheurs ont pris les devants en organisant une action surprise de leur côté : le blocage du dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, le plus gros site de stockage de carburant raffiné de France. Dès 3 heures du matin, une épaisse fumée noire s’élevait dans le ciel et des feux barraient les accès au dépôt, provoquant d’importants bouchons, afin de dénoncer l’augmentation des prix du carburant et les conditions de travail. Il faut savoir que le gazole utilisé par les marins pêcheurs est déjà partiellement détaxé par l’État, mais malgré cela, ils ont de plus en plus de mal à vivre de leur travail, c’est dire à quel point la situation est explosive.
À 10h, l’État envoyait des CRS contre les blocages, distribuant des coups de matraque et tirant du gaz lacrymogène sur les manifestants.
Cette action pourrait bien être le signe avant-coureur du mouvement de ras-le-bol qui prend corps. L’an dernier déjà, le mouvement « Bloquons tout » avait organisé des centaines d’assemblées générales durant l’été pour préparer des actions de blocage dans toute la France à la rentrée. La date fixée était le 10 septembre, mais le gouvernement avait mis les grands moyens : des dizaines de milliers de policiers surarmés, avec des consignes d’agressivité maximale, avaient attaqué systématiquement les blocages. Malgré plusieurs centaines de milliers de participants, Bloquons tout n’avait pas réussi à s’inscrire dans la durée, essoré par cette répression et isolé par le manque de renfort, notamment de la part des syndicats.
Cette fois-ci, il reste un mois pour préparer le 17 octobre, et la colère semble encore plus grande, alors qu’en parallèle, la campagne électorale démarre. Des appels à «prendre l’Élysée», à bloquer les stations-service ou à provoquer un «arrêt global qui seul peut déstabiliser l’État» deviennent viraux sur internet. Certaines vidéos appellent à ressortir les gilets jaunes et à ranimer les flammes du mouvement de novembre 2018. D’autres donnent des conseils pour faire bloc face à la répression. Des appels à manifestation sont déjà lancés dans la plupart des grandes villes. Les services de renseignement sont sur les dents.
Tous les ans, les commentateurs médiatiques annoncent une rentrée sociale tendue, mais c’est finalement rarement le cas. L’automne 2026 sera-t-il une exception ?
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