Belfort : le policier «lynché» avait-il essayé de noyer un lycéen ?


Décryptage d’un délire médiatique


Une scène «choquante», un «lynchage», «une tentative d’homicide» : ce vendredi 2 octobre sur BFM, les présentatrices sont épouvantées, au bord des larmes.

Cette émotion est-elle due à la diffusion de vidéos de lycéens étranglés, éborgnés, édentés ou frappés au sol ? Pas du tout : elles ne passent jamais sur cette antenne. C’est pour un policier qui a reçu des coups. Sur toutes les chaînes, on explique qu’un commandant de police de 59 ans a été victime d’une tentative de meurtre, d’une attaque inqualifiable et gratuite. Toute la journée, cela fait la Une et les plateaux ne parlent que de ça.

L’affaire se dégonfle un peu dans la soirée : le procureur déclare qu’il a vu le policier le matin même, donc juste après les coups, qu’il va bien, que son état ne présente pas de gravité et qu’il n’a pas d’ITT. C’est le premier «lynchage» sans gravité de l’histoire. En comparaison, les trois jeunes qui ont reçu des tirs policiers dans le visage sont mutilés à vie et auraient pu mourir.

Ce soir, d’autres vidéos viennent apporter un contexte décisif à cette scène. Le compte Alerte Info sur X et le journal L’Est Républicain diffusent des images prises juste avant les coups. On voit ce policier, en civil et sans brassard, plaquer un jeune homme dans une rivière, la Savoureuse. La scène paraît interminable : cet homme appuie pendant plus de 30 secondes son poids sur le jeune homme, dont la tête se trouve dans l’eau, et qui se débat. Ce qui ressemble à une scène de noyade. Le lycéen tente de sortir de l’eau. Il est plaqué au sol par le policier et embarqué.

C’est en remontant sur la rive, seul, au milieu de dizaines d’autres lycéens, que ce policier gaze des jeunes avant d’être pris à partie et frappé. Si vous aviez vu un inconnu sans signe distinctif, plonger votre ami dans l’eau et le saisir avec une gazeuse en main, qu’auriez-vous fait ?

Dans les médias, tout est fait pour chercher un «contexte» pouvant justifier les violences d’État. Ici, il y a bien un contexte qui précède l’altercation. Et pas grand chose qui puisse justifier l’interruption de l’actualité, ni le lancement d’une enquête criminelle.

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