Il fallait oser le dire, Trump ne s’est pas gêné

À gauche, Donald Trump fait une grimace lors d'un discours.
À droite, une photo de Sitting Bull, chef sioux assassiné par des migrants anglo-saxons.

Dans son ivresse impérialiste, Donald Trump est bien décidé à s’approprier le Groenland, et donc à entrer en conflit ouvert avec ses alliés Danois et européens. La justification qu’il a donnée le 9 janvier est stupéfiante : «Je suis un grand admirateur du Danemark, mais le fait qu’ils aient accosté là-bas il y a 500 ans ne signifie pas qu’ils sont propriétaires du territoire».

Un culot intersidéral. Les USA sont littéralement un pays fondé par des colons qui ont «accosté il y a 400 ans» et se sont approprié des terres qui ne leur appartenaient pas.

Au 17ème siècle, les premiers pèlerins anglais débarquent sur les côtes de l’actuel Massachusetts à bord d’un navire baptisé Mayflower. Sans aucun égard pour ce territoire et ses habitants, ils nomment l’endroit «Nouvelle-Angleterre» et installent une colonie puritaine. Après de premiers mois extrêmement difficiles, ils sont sauvés de la famine par des autochtones. Le mythe du «repas partagé» avec cette tribu a donné naissance à la fête de Thanksgiving, toujours célébrée.

Toujours est-il que les habitants originels n’en seront guère remerciés : des milliers de colons débarquent et ne tardent pas à massacrer les autochtones qui les avaient accueillis. Au 18ème siècle, le baron britannique Amherst choisit d’éliminer les peuples des grands Lacs en leur envoyant des couvertures contaminées à la variole. Une extermination bactériologique délibérée. Il sera suivi par de nombreux illustres criminels contre l’humanité, comme le général Custer au 19ème siècle qui rase, pille et détruit des tribus entières et profane des cimetières amérindiens.

L’histoire des États-Unis est faite de vols de terre au gré des découvertes d’or et de pétrole, et de survivants des tribus décimées dépouillés de leurs cultures, parqués dans des réserves toujours plus étroites. C’est l’élimination des habitants, mais aussi la destruction des ressources. Les colons organisent un écocide délibéré, en massacrant des millions de bisons des grandes plaines, privant ainsi les autochtones de leurs ressources vitales : les peuples de ce territoire vivaient grâce et avec les troupeaux. En seulement quelques décennies de tueries gigantesques et gratuites, laissant des carcasses pourrissant à perte de vue dans les plaines d’Amérique du Nord, ces animaux disparaissent presque, traumatisant les autochtones.

Les États-Unis, c’est aussi et surtout une mystique, une croyance fanatique que cette terre leur appartient de droit divin. La conquête de l’Ouest repose sur l’idée d’une «destinée manifeste» : les européens se seraient fait «offrir» par Dieu une «terre promise» sur laquelle bâtir une Nation nouvelle hors de l’Europe corrompue. La colonisation est ainsi pensée comme une mission religieuse, qui donnerait aux Blancs protestants la suprématie et un droit absolu sur ce territoire. Le droit de conquérir un «espace vital» toujours plus étendu, au détriment des peuples qui y vivaient.

Les descendants de ces colons sont aujourd’hui tellement aveuglés par leur toute puissance qu’ils ne se rendent même pas compte des buts contre leur camp qu’ils tirent régulièrement. Pendant sa campagne électorale, Trump osait : «Je demande la peine de mort pour tout migrant qui tue un américain». Les États-Unis sont, mot pour mot, une nation fondée par des «migrants qui ont tué des américains». Les migrants, ce sont les anglo-saxons qui ont débarqué sur ces terres du «Nouveau Monde», et qui se sont empressés d’exterminer les habitants. Les «américains», ce sont les peuples natifs de ce continent, qui y vivaient depuis des millénaires.

Fin septembre le ministre de la guerre des USA Pete Hegseth décidait de maintenir les médailles d’honneur décernées aux soldats qui ont commis le massacre de Wounded Knee en 1890. Une provocation pour les peuples autochtones, qui réclament le retrait de ces décorations depuis des décennies. Le 29 décembre 1890, dans l’État du Dakota, l’armée des USA massacrait 300 Sioux Lakota, dont la moitié de femmes et enfants. Les «guerres indiennes» étaient pourtant terminées, les colons avaient «gagné» et parqué les survivant·es dans des réserves.

Mais l’armée des USA craignait un sursaut collectif lié au regain de croyances religieuses au sein des populations survivantes. À Wounded Knee, l’armée des USA a fait un exemple, et a exterminé tout le monde pour briser moralement les tribus récalcitrantes. Quelques jours plus tôt, le célèbre chef sioux Sitting Bull était assassiné dans une réserve. Dans les décennies qui ont suivi, l’histoire des vainqueurs a fait passer Wounded Knee pour une bataille glorieuse, dans laquelle l’armée des USA n’aurait fait que «riposter». Un mensonge maintenu par l’administration Trump.

S’il fallait «chasser les migrants» et leurs descendants d’Amérique comme le proclame Trump, s’il fallait retirer les terres de ceux qui n’ont fait qu’«accoster» il y a des siècles, alors il faudrait sans doute abolir les USA.

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