Blocage en cours à Agro-Paris-Tech en soutien aux mobilisations agricoles

Le blocage d'Agro-Paris-Tech sur le plateau de Saclay

Depuis mardi matin, l’école d’ingénieur Agronome Agro-Paris-Tech est bloquée par ses étudiant·es. Ce blocage a lieu alors que le monde agricole se mobilise depuis déjà plusieurs semaines contre l’abattage systématique des troupeaux contaminés par la DNC (dermatose nodulaire contagieuse) et contre l’accord de libre-échange du Mercosur.

Mais les revendications des étudiant·es de cette école ne s’arrêtent pas là : les étudiant·es demandent un arrêt de la cogestion entre le gouvernement et la FNSEA au profit d’une agriculture productiviste, qui règne depuis 50 ans au ministère de l’agriculture. Cette cogestion se retrouve aussi au sein de cette école, car un certain nombre des membres de son Conseil d’Administration sont directement liés à l’agro-industrie. L’exemple le plus parlant est Christiane Lambert — ancienne présidente de la FNSEA de 2017 à 2023 — mais on y trouve aussi la vice-présidente du CA Véronique Fontaine-Heim, ancienne cadre dirigeante chez Nestlé et ancienne directrice générale de Vivescia, une des plus grandes coopératives céréalières de France.

Cette infiltration de l’agro-industrie dans l’école se ressent dans l’enseignement, et c’est ce que dénoncent les élèves qui bloquent le campus. Alors que l’enseignement dans cette école d’ingénieurs agronomes devrait être à la pointe de la transition agroécologique et former les futurs ingénieurs à changer en profondeur le système agricole, il n’en est rien. Les étudiant·es ne sont que très peu intégré·es à l’élaboration des programmes et l’essentiel des partenariats que l’école noue sont avec des représentant·es d’une agriculture industrielle comme par exemple Syngenta, une multinationale spécialisée dans la production de pesticides.

L’école possède aussi une ferme d’élevage «test», qui pourrait servir à tester des pratiques agricoles plus respectueuses des animaux et de l’écosystème. C’est à la place une ferme industrielle classique, avec des vaches qui passent la majeure partie de leur vie en bâtiment et où les derniers investissements ont consisté à construire une unité de méthanisation et un espace test pour l’agriculture de précision. Cela illustre encore une fois la fuite en avant technologique dans laquelle veut nous entraîner la FNSEA.

Face à ce blocage, la direction joue la montre : elle a fait passer tous les cours en distanciel et a essayé d’intimider les agriculteurs de la Confédération Paysanne qui sont venus soutenir le blocus, en les appelant personnellement pour leur dire qu’ils ne sont pas les bienvenus.

Une AG inter écoles/facs de Saclay a lieu ce soir à 18h sur le campus d’Agro-Paris-Tech afin d’organiser une riposte.

L’enjeu est aussi de relancer une mobilisation étudiante sur le pôle universitaire du plateau de Saclay, car d’autres écoles y dénoncent l’infiltration de l’industrie. C’est notamment le cas de l’école Centrale/Supelec qui multiplie les partenariats et accélère son rapprochement avec le complexe militaro-industriel. Une AG inter écoles/facs de Saclay a lieu ce soir à 18h sur le campus d’Agro-Paris-Tech afin d’organiser une riposte.

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