Nantes : cent jours de grève et une victoire pour les éducs de rue


Nous en avions parlé au mois de décembre : les éducateurs de rue de Loire-Atlantique ont passé leur centième jour de grève ce 26 février. Une barre symbolique.


Les éducateurs de rue en grève dans tout le département pendant cent jours.

Il y a quelques jours leur employeur, l’ADPS (pour Agence Départementale de Prévention Spécialisée, autrement dit le département de Loire-Atlantique) avait reculé sur son projet de suppression de quatre semaines de congés, une des principales revendications des grévistes. En effet, en passant du statut associatif privé à celui de groupement d’intérêt public, les éducs de rue ne sont plus soumis à la même convention collective et se retrouvent grands perdants de l’histoire, alors que des mesures compensatoires leur avaient été promises. Le recul est incomplet, une partie des congés supprimés se transformeront en RTT, mais on prend quand même !

Deuxième revendication : des hausses de salaires, car les éducs de rue de rue du département sont en moyenne payés 500 euros par mois de moins que ceux du privés, alors qu’ils ont les mêmes diplômes et les mêmes compétences. Un traitement particulièrement inégalitaire qui ne se justifie que par l’austérité et le budget trop faible du département.

Et au bout de cent jours de grève, cette deuxième revendication a elle aussi aboutit. Ce 26 février, le département a validé une augmentation nette de 300 à 400 euros par agent. Ce n’est pas encore le montant espéré, mais ça reste une franche victoire, et surtout un signal envoyé à l’employeur : quand on ne respecte pas ses agents, qu’on leur offre des conditions de travail merdiques et sous-payées, les agents ne veulent pas bosser.

Cette lutte exemplaire et victorieuse a pu tenir grâce à la convergence de plusieurs facteurs. D’abord, les syndicats CGT et Solidaires ont montré un front uni et intransigeant là où l’on voit bien souvent des divisions servir la cause des patrons. Ce front intersyndical a permis d’obtenir des soutiens lors des mobilisations dans la rue et des actions pour interpeller les élus qui dirigent l’ADPS.

Surtout, dès le début du mouvement, l’intention de faire grève dans la durée était claire. Une caisse de grève s’est très vite mise en place pour que les salarié·es en lutte puissent supporter l’absence de revenus. Une grève reconductible avec des personnes déterminées à gagner sera toujours mille fois plus efficace que des journées éparses qui demandent poliment de renégocier la longueur de la chaîne avec les « partenaires sociaux ». Les dirigeants ne comprennent que le rapport de force.

Le 12 mars prochain une soirée aura lieu aux Ateliers de Bitche, à Nantes, pour fêter cette lutte joyeuse et victorieuse. Contre Attaque y tiendra une table de presse, plus d’informations bientôt !

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