L’État colonial applique la méthode utilisée à Gaza dans le Sud du Liban

Depuis début mars, Israël a ordonné l’évacuation du sud Liban, soit une zone tampon de 30 kilomètres permettant à «l’armée la plus morale du monde» de progresser dans une vaste partie du pays et de massacrer ses habitants. Cette zone s’étend de la frontière nord d’Israël au fleuve Litani. Aujourd’hui, la zone à évacuer a été élargie de près de 10 kilomètres jusqu’au fleuve Zahrani. Soit une surface totale équivalente à 10% du territoire libanais.
Beaucoup de ces habitants ont refusé d’obéir aux ordres de l’occupant et ont décidé de rester dans leur village coûte que coûte. L’image qui a fait le tour du monde est celle du prêtre Pierre El-Rai qui a prêché la résistance face à l’envahisseur, avec comme seules armes la paix et l’amour. Il a été assassiné quelques jours après en portant secours aux habitants blessés par une première frappe israélienne : l’armée coloniale a largué une deuxième bombe sur lui et sur d’autres civils venus en aide aux victimes. Une procédure sinistre et désormais habituelle de l’armée israélienne : pilonner une zone, attendre l’intervention des premiers secours avant de larguer une nouvelle salve d’obus pour tuer le maximum de personnes.
Cette pratique a été détaillée par le média libanais Megaphone news. Les israéliens comme les USA auparavant, pratiquent la stratégie mortifère du «double tap». En français, «frappe double». C’est ainsi qu’ont été lâchement assassinés Pierre El-Rai et un grand nombre de secouristes depuis le début de la guerre. Une stratégie éprouvée lors du génocide à Gaza. L’exécution d’un prêtre qui refusait de quitter sa ville, et qui appelait les habitants à faire de même, est aussi une manière de répandre la terreur et d’accélérer le dépeuplement de tout un territoire.
Car il ne s’agit qu’un crime parmi d’autres. Au Liban, on compte aujourd’hui près de 700 morts et 1 million de déplacés de force dans un pays qui en compte 6 millions ! La plupart de ces personnes n’ont nulle part où aller. Certains se réfugient donc dans les parcs, sur les places et près des plages, pensant être à l’abri du danger et des attaques incessantes. Cette nuit, Israël a tout simplement bombardé le front de mer où dormaient des réfugiés tuant 8 personnes et en blessant plus de 30 autres.
Au moment où l’on écrit ces lignes, l’université libanaise a également été bombardée tuant un professeur et le doyen de la faculté des sciences de Hadath. Dans la foulée et en plein cœur de Beyrouth à Bachoura, un bâtiment a été évacué avant d’être rasé par des missiles en deux temps. L’immeuble est soupçonné par Israël d’abriter «des millions de dollars destinés à financer des objectifs terroristes […] mettant» les libanais «en danger»… Comme en Palestine, où les universités ont été pulvérisées par cette armée de tortionnaires.
Que fait la France, historiquement «protectrice du Liban» ? Presque rien. Interrogé sur la disproportion des bombardements israéliens sur le pays, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot esquive et refuse plusieurs fois de répondre à une question de Benjamin Duhamel sur France Inter. Plus personne n’est dupe : le Quai d’Orsay est un paillasson diplomatique sur lequel Benjamin Netanyahou et Donald Trump peuvent essuyer leurs bottes avec en prime un cirage de pompes du ministre. Jean-Yves le Drian, envoyé spécial de Macron à Beyrouth depuis quelques années, n’a eu aucun mal à confirmer la disproportion de l’agression Israélienne. Mais ce constat n’est suivi d’aucun effet.
À ce jour, 15% du pays est sous menace de la guerre industrielle que mène selon les mots des soutiens d’Israël, la «seule démocratie du moyen orient». En toute impunité le régime sioniste semble se préparer à occuper une nouvelle fois le Liban, et peut-être pour longtemps cette fois-ci. Les ministres fascistes de Netanyahou n’ont jamais caché leur rêve du Grand Israël qui comprend géographiquement le Liban. Les délires messianiques les plus fous de l’extrême droite israélienne semblent sur le point de se réaliser. N’ayons pas peur des mots et posons-nous la question suivante. Des villages rasés, des familles massacrées, des déplacements forcés de population civile : ces critères peuvent caractériser un nettoyage ethnique selon le droit international. Sommes-nous les futurs témoins d’un crime contre l’humanité au Liban ?
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