Loire-Atlantique : l’extrême droite gesticule encore


Des coups de feux tirés sur un futur centre d’accueil pour migrants – manifestation antiraciste annoncée


Nantes et ses alentours sont des terres de lutte. Le printemps enragé contre la loi travail ou la lutte contre l’aéroport en témoignent. La très faible implantation locale de l’extrême droite aussi. Malgré tout, depuis l’accalmie du mouvement social, les fascistes et leurs alliés se remettent à gesticuler en Loire-Atlantique. Passage en revue du marigot :

Le Front National

Ce parti n’a jamais réussi à s’enraciner à Nantes. Ses scores électoraux y sont parmi les plus bas du pays. Une particularité locale : le FN est tenu par la famille Bouchet, une lignée de nationalistes révolutionnaires,la tendance la plus radicale de l’extrême droite, proche du néo-nazisme, en particulier du groupuscule Troisième Voie aujourd’hui dissout. Une exception dans le département : Saint-Nazaire, ville rouge et ouvrière, où le FN tente de prospérer, nourri par les trahisons de la gauche et le désastre social. Quoiqu’il en soit, le parti semble localement très affaibli. Presse-Océan évoquait cette semaine des «querelles intestines». En réalité, il s’agit d’un conflit entre deux factions au sein du Front. D’un côté la vieille droite traditionaliste et patronale de Samuel Potier, père de «9 enfants» et patron de «deux sociétés», éphémère chef de la section, de l’autre la tendance plus sulfureuse des néo-fascistes. Le quotidien prédit néanmoins une recomposition du parti. http://www.presseocean.fr/actualite/loire-atlantique-lequipe-du-fn-torpillee-par-des-querelles-intestines-05-10-2016-205804

En juin, la permanence nantaise du FN au bord de l’Erdre fermait pour de bon, après d’innombrables dégradations. Alors que la présidentielle va commencer, les frontistes sont tentés d’ouvrir un nouvel espace. À suivre.

Les églises traditionalistes

Autre force réactionnaire locale, elles sont nombreuses à Nantes et endoctrinent d’éphémères générations d’adolescents royalistes. Ces réseaux sont organisés et parfois dangereux, comme en témoigne l’affaire des bouteilles de gaz stockées derrière une église sédévacantiste en septembre. Lire ici : https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/photos/a.336512019718311.70910.294803323889181/1104764219559750

Le retour de la «manif pour tous» le 16 octobre pourrait réveiller ces groupes

Les racistes armés. La force la plus inquiétante localement s’est illustrée à deux reprises ces derniers mois. L’automne dernier, par l’attaque d’un squat de migrants à coups de cocktails molotov, en pleine nuit, à Chantenay. Une tentative d’homicide imputable à un groupuscule néo-nazi bretonnant. Groupuscule qui s’illustre fréquemment ailleurs en Bretagne par des agressions de militants de gauche, et qui a pu parader le 24 septembre dans les rues de Nantes lors d’une manifestation pour la réunification de la Bretagne. Ce groupe n’a jamais été inquiété par la police. Plus grave encore, tout récemment. À Saint-Brévin, petite ville paisible du bord de mer, l’extrême droite tente de mobiliser contre un centre d’accueil pour migrants. Dans la nuit du 4 octobre, des coups de feu ont été tirés sur le bâtiment. Une attaque raciste armée sans précédent localement.
http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/10/06/saint-brevin-les-pins-des-coups-de-feu-tires-sur-le-batiment-qui-doit-accueillir-des-migrants_5009219_3214.html


Quelles réponses pouvons nous opposer à ces différents groupuscules ? D’abord faire vivre nos luttes. L’agitation sociale du printemps a recouvert le fond sonore raciste, et a mis sur le devant de la scène les véritables problématiques : celle de la répartition des richesses, de la violence d’État, de la reconfiguration autoritaire de la démocratie «antiterroriste». Quand nous sommes dans la rue, l’extrême droite se tait.

La meilleure façon de ne pas laisser la rue à l’extrême droite, c’est par exemple manifester notre soutien aux réfugiés. Pour celles et ceux qui n’iront pas sur la ZAD, un appel, à se rassembler contre le racisme est lancé pour ce samedi 8 octobre, à Saint-Brévin, à 19h.


L’événement ici : https://nantes.indymedia.org/events/35827

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