Chroniques de l’état d’urgence permanent


Armes de guerre – tirs « accidentels » – milices – bagarres de CRS


Depuis plus de 20 ans, la police française est dotée d’armes à feu tirant des balles en caoutchouc : les Flash-Balls et les LBD. Ces armes ont éborgné plus de 60 personnes. Pour justifier la distribution de cet arsenal, le gouvernement de l’époque prétendait qu’il permettrait d’éviter de tirer à balle réelle. En réalité, plusieurs milliers de balles en caoutchouc sont tirées chaque année dans le pays. Les agents se sont habitués à appuyer sur la gâchette, à tirer sur des individus. Comme s’il s’agissait d’un acte normal. Et aujourd’hui, sur fond d’État d’urgence, les policiers sont dotés d’armes encore bien plus dangereuses, comme des fusils d’assaut, et d’un permis de tirer. Un processus révélateur de la militarisation de la police.

Armes de guerre distribuées aux policiers : les «tirs accidentels» explosent

Au nom de l’anti-terrorisme, le gouvernement a distribué aux policiers des armes de guerre extrêmement puissantes, notamment des fusils d’assaut HK G36, une arme de fabrication allemande, jadis réservée aux unités d’élite, capable de tirer 750 balles à la minute. A présent, ce genre de joujou est présent dans chaque voiture de police, avec chaque unité, sur tout le territoire. « Au cours des six premiers mois de l’année, 19 tirs de ces armes ont été répertoriés par la police des polices. Dont 18 sont accidentel […] l’ IGPN s’alarme du nombre important de tirs accidentels avec les nouvelles armes longues », écrit sobrement le journal 20 Minutes. Selon les institutions, ces tirs, s’expliquent « par un défaut de maîtrise d’armes plus complexes et plus encombrantes ». Nous voilà rassurés.

Source : C’est quoi le problème avec les fusils d’assaut des policiers?

«Je vais te fumer» : un policier vide son chargeur sur un automobiliste

26 janvier 2018, à Villeneuve-la-Garenne, en banlieue parisienne. Sur une route très fréquentée, un véhicule est contrôlé par des policiers. Le conducteur, qui n’a pas de permis, prend la fuite à pied. Son passager prend le volant. «J’ai mis mon clignotant pour me rabattre. Il est venu vers moi avec son arme en criant « je vais te fumer » . J’ai pris peur et j’ai démarré », raconte Boubacar. Absolument pas menacé, le policier dégaine son arme et vide littéralement son chargeur sur la voiture, au milieu des autres véhicules, risquant de tuer le passager mais aussi les passants. Neuf impacts de balles sont relevés sur la carrosserie de la voiture. Boubacar, touché par deux balles, à la hanche et au coude, est arrêté, et mis en examen pour « tentative d’homicide ». Le policier ose prétendre qu’il a failli être écrasé. Manque de bol, une vidéo montre l’intégralité de la scène, et l’attitude criminelle et irresponsable du policier. Le policier a menti. « il a essayé de me tuer. Il n’avait pas à tirer. S’il n’y avait pas eu cette vidéo, ça aurait été la parole d’un policier contre la mienne. Là, la vidéo parle d’elle-même… » raconte le jeune homme, qui a frôlé la mort.

Source : Boubacar, blessé par balles à Villeneuve-la-Garenne : «Le policier n’avait pas à tirer»

La violence des bandes : les CRS se battent dans les rues de Calais, les gendarmes mobiles se tapent à Nancy

Jeudi 1er mars 2018, dans les rues de Nancy. A l’heure de la fermeture des bars, une bagarre de rue éclate. Parmi les belligérants, des gendarmes mobiles engagés à Bure pour réprimer les manifestants anti-nucléaires, et logés à Nancy. Ils « se sont offert une virée festive», dans le centre-ville. Avant la fermeture du bar où se trouvent les gendarmes, « la tension monte d’un cran entre au moins deux militaires qui composaient le groupe de gendarmes en civil et deux autres noctambules » écrit un journal local, qui estime que la vidéosurveillance devrait éclaircir les circonstances de cette bagarre d’ivrognes.

En octobre dernier, déjà, « une quinzaine de CRS avaient provoqué le chaos » à Calais, dans le Nord. Après avoir causé une baston dans un bar et cassé le nez d’un client, « les CRS s’en sont aussi pris aux policiers de la BAC appelés pour remettre l’ordre ». Mais ce n’est pas fini, les membres des forces de l’ordre ont continué la bagarre : « en toute fin de nuit, rentrés à leur hôtel, les policiers auraient continué de se battre entre eux ». Oui, il s’agit bien des gens payés, là qu’on confie des fusils d’assaut et le pouvoir de réprimer toute opposition …

Sources :

L’État crée des milices

Ces dernières semaines, deux informations sont passées quasiment inaperçues : l’État français compte étendre le monopole de la violence à des sociétés et des personnes privées. En bref, créer des milices para-étatiques. Alors que les budgets réservés aux policiers et aux gendarmes n’ont jamais été aussi élevés, que l’état d’urgence généralise l’impunité des forces de l’ordre et renforce l’arsenal répressif, le gouvernement compte recruter des supplétifs. En janvier, le ministre de l’intérieur annonçait que « des vigiles pourraient demain remplacer des policiers et des gendarmes. Gérard Colomb veut déléguer certaines missions des forces de l’ordre à des sociétés de sécurité. » En plus des dizaines de milliers de policiers présents sur le territoire, des agents de sécurité privés, non formés, seraient donc armés et auraient le pouvoir de frapper, tirer, arrêter des personnes considérées comme « suspectes ». Même scénario dans les campagne, où le gouvernement recrute des chasseurs comme « auxiliaires de gendarmerie ». Dans l’Oise, ces individus privés, armés pour la chasse, « assureront à partir de fin janvier des missions de surveillance en complément de la gendarmerie ». La Ligue des droits de l’homme locale, parle d’une « milice en tenue de camouflage ».

Sources :

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