Vincent Crase : un néo-nazi au cœur du pouvoir ?

«La noblesse de la race». Les «hyperboréens» qui hurlent «avec les loups» pour «préparer la reconquête». Les «blonds et féroces barbares du Nord» qui se servent du «fougueux marteau de Thor» pour «brûler jusqu’aux fondations, nos sociétés vides». Les «poignards, au bout de nos bras tendus» qui «forment un dôme d’acier.» Les «enfants soldats à la croix de fer, cueillis si jeunes par la guerre».

Vous n’avez pas saisi toutes les références ? Les hyperboréens sont un peuple mythique du grand nord qui serait à l’origine de la «race aryenne». La «croix de fer» est une décoration militaire allemande, utilisée par Hitler et symbole du IIIe Reich. Le marteau de Thor, est l’arme du dieu de la foudre dans la mythologie nordique, symbole largement utilisé par les néo-nazis. Les poignards et les bras tendus se passent d’explication. Tous ces extraits sont issus d’un livre intitulé «Itinérance», dont la couverture représente une rune Algiz, utilisée comme symbole par les SS, aujourd’hui utilisé par l’extrême droite.

Il ne s’agit pas de textes mystiques sortis dans les années 1930, mais du livre de “poèmes” écrit en 2011 par un membre de la garde rapprochée de Macron. Et pas n’importe lequel : Vincent Crase. Le 1er mai, Vincent Crase tabassait des manifestants avec son ami Alexandre Benalla, arme à la ceinture.

Officier de réserve de gendarmerie pendant des années, Vincent Crase a été agent de sécurité privée et sera recruté en 2016 par le parti En Marche aux côtés d’Alexandre Benalla. En 2017, il est propulsé “membre de la garde républicaine de l’Élysée”, au plus près du Président. La même année, le réserviste cherche à faire rééditer son livre truffé de références nazies.

Après l’explosion de «l’affaire Benalla», la société de sécurité Byblos, qui a travaillé pour En Marche, est citée à de nombreuses reprises lors des auditions des commissions d’enquête du Sénat et de l’Assemblée nationale. Le logo de l’entreprise reprend la svastika, qui fut utilisée par les nationaux socialistes.

En résumé, Benalla était donc à la tête d’une milice privée, au cœur du pouvoir, qui est allé passer à tabac des opposants politiques. Cette milice disposait de moyens, d’armement, et était couverte par le président en personne. Nous apprenons à présent qu’un philonazi était membre de cette milice. Ce nouvel épisode d’un feuilleton à rebondissements multiples soulève de nombreuses questions, alors que Vincent Crase va être auditionné par les sénateurs mercredi 19 septembre.

  • Est-il possible que les services de renseignement, qui épluchent la vie de milliers de personnes et contrôlent évidemment les profils de la garde rapprochée du président, n’aient pas eu connaissance du livre de Vincent Crase, publié en son nom propre ?
  • Est-il possible que le président ignore les activités et les penchants politiques des membres de sa propre garde rapprochée ?
  • Les plus hautes instances de la République française ont-elles couvert un ancien gendarme, vigile privé, néo-nazi, qui est allé tabasser des manifestants ?

Sources :

https://www.liberation.fr/checknews/2018/09/18/vincent-crase-comparse-de-benalla-a-t-il-ecrit-des-poemes-d-inspiration-nazie_1679545

https://www.greffiernoir.com/affaire-alexandre-benalla-vincent-crase-occultisme-nazi-byblos-contre-escarpe1-mai-2018-emmanuel-macron

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