Racisme, antisémitisme : ni dans la rue, ni au pouvoir !


«Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous»
Frantz Fanon, militant révolutionnaire, anticolonialiste et antiraciste


Le 15 novembre dernier, le porte parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, reprenait à la radio un concept de Charles Maurras : le «pays réel». Charles Maurras, un penseur royaliste, antisémite, pétainiste, qui a théorisé le «nationalisme intégral».

À peine une semaine plus tôt, c’est le président de la République en personne qui voulait «réhabiliter» le Maréchal Pétain. Philippe Pétain, militaire d’extrême droite, collaborationniste, antisémite. Complice actif du génocide des Juifs.

L’été dernier, on découvrait que le complice d’Alexandre Benalla, Vincent Crase, avait publié des textes à la gloire du 3ème Reich. Un nostalgique du nazisme dans l’entourage immédiat du président.

Quelques mois plus tôt, le gouvernement de Macron votait, avec le Front National, la fameuse «Loi Asile et Immigration». Une loi visant à réprimer et traquer les exilés. Une loi d’une extrême violence, la plus dure contre l’immigration jamais votée en France depuis la guerre, selon plusieurs associations et historiens.

Ce gouvernement reprend les codes de l’extrême droite. Il en applique les idées. Quand il noie les campements de Calais sous les grenades lacrymogènes. Quand la police traque les étrangers dans les trains en provenance d’Italie. Quand l’État enferme des enfants dans des centres de rétention. Quand il pousse sa population à la misère sociale et au désespoir. Quand il utilise une police militarisée et toute puissante pour écraser toute contestation.

C’est ce gouvernement, qui applique ici et maintenant les idées de l’extrême droite, qui prétend à présent mettre en scène une «union sacrée» contre l’antisémitisme. Ce gouvernement qui, il y a quelques semaines encore, voulait réhabiliter Pétain ! Ce gouvernement aussi, qui ne rate aucune occasion pour traiter les Gilets Jaunes de racistes et de fascistes !

Le mouvement des Gilets Jaunes a fait surgir une colère inédite dans les rues, sur les ronds-points comme sur internet. Une colère qui a fait naître le meilleur – des moments de fraternité, des révoltes salutaires, des rencontres improbables – comme le pire – une agression islamophobe, la délation de réfugiés, ou plus récemment, des attaques antisémites.

Il faut le dire sans détour : les insultes contre Alain Finkielkraut sont antisémites. Quoiqu’on pense du personnage, de ses idées rétrogrades et racistes. Dire à une célébrité juive «rentre chez toi en Israël» n’est pas de l’antisionisme. Ce n’est pas la critique légitime de l’État d’Israël, lui-même raciste et violent. C’est une attaque antisémite qui vise la judéité d’un individu.

L’homme de gauche allemand August Bebel disait déjà au 19e siècle : «L’antisémitisme est le socialisme des imbéciles». Autrement dit, plutôt que de s’en prendre aux puissants, beaucoup font l’erreur de s’en prendre aux Juifs comme boucs émissaires de leurs malheurs. Depuis cette déclaration, l’antisémitisme a précipité des millions d’hommes, de femmes et d’enfants dans la mort.

Le racisme est toujours un moyen de diviser les opprimés. Toujours une arme mortelle des dominants pour conserver leurs pouvoirs. De la même manière, aujourd’hui, la millionnaire Marine Le Pen cherche à détourner la colère sociale vers les minorités, en diffusant ses idées xénophobes. Les racistes, quels qu’ils soient, n’ont donc rien à faire dans les manifestations pour la justice sociale.

Aussi, le racisme et l’antisémitisme sont à combattre partout, tout le temps, y compris évidemment au sein des cortèges.

Mais que dire de ce gouvernement qui voulait réhabiliter un criminel antisémite ? Peut-on combattre le racisme aux côtés de politiciens qui appliquent une politique autoritaire et xénophobe ? Peut-on réclamer justice avec des gouvernants qui sèment la misère et le désespoir ?

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