La justice s’attaque à la possibilité même de contester


C’est le scandale du jour : 8 mois de prison (avec sursis), et mille euros à verser à deux policiers. Pour un slogan.


Cette peine vise un manifestant sans antécédent. La peine est extraordinairement lourde, pour avoir crié quelques mots à des policiers qui venaient de violenter une femme enceinte. Il fallait frapper fort suite à la polémique entretenue par les médias.

À titre de comparaison, sur les 20 dernières années, pas un seul policier auteur d’une mutilation n’a été condamné à une peine aussi élevée. Sur les dizaines d’affaires de policiers qui ont crevé des yeux avec leurs armes, l’immense majorité a été classée «sans suite» au bout de longues années de procédure. Lorsqu’il était impossible de protéger les tireurs tant les preuves étaient accablantes, quelques mois de sursis, au maximum.

Ici, il n’a fallu que quelques jours pour retrouver, arrêter et condamner un manifestant.

À mesure que l’impunité policière s’approfondit jusqu’au limites les plus obscènes, le corps des forces de l’ordre est sacralisé. Un doigt d’honneur peut vous coûter 48 heures de cachot. Un slogan des mois de prison.

Le même jour, à Besançon, d’autres juges étaient chargés de punir un Gilet Jaune qui avait eu l’impertinence de qualifier Castaner «d’assassin». Alors que le ministre était en déplacement ans sa ville, le service de sécurité du ministre avait interpellé «manu militari» le manifestant, ensuite placé en garde à vue. Castaner n’a même pas entendu l’invective. La procureure réclame 2 mois.

Au début du mois de mars, un journal recensait cinq perquisitions, trois gardes à vue et un procès à venir. Un acharnement contre des militants écologistes non violents qui avaient décroché des portraits de Macron dans des bâtiments officiels. Un déploiement de force considérable pour un symbole.

Comme celle des policiers, l’image des gens de pouvoir doit être préservée de toute critique. Même symbolique. Même anodine. Même non violente.

Il y a quelques années encore, tout le monde scandait des slogans bien plus durs contre “Sarko”, Hollande, ou la police, sans imaginer une seule seconde pouvoir être inquiété. L’étau se resserre.

C’est la possibilité même de contester l’ordre en place qui est menacée à présent.


Sources :

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