« Les trois touristes ont une image catastrophique de la France »

C’est une histoire hallucinante, à lire et partager. Une illustration du racisme d’État qui règne en France. Trois femmes venues d’Amérique Latine, l’une pour visiter son fils malade, les autres pour du tourisme en Espagne, sont contrôlées dans un aéroport de Paris. Elles sont mises en garde à vue, et placées en camp de rétention par la police. Elles passeront douze jours enfermées dans des conditions effroyables, avant d’être jetées à la rue sans leurs affaires, après que leur rétention soit reconnue illégale.
Macron applique une politique comparable à celle du gouvernement d’extrême droite de Salvini en Italie. Mais avec un enrobage « progressiste ». Ce qui est encore plus abject. France Bleu raconte leur histoire, en voici quelques extraits :
«C’est une histoire digne d’un véritable cauchemar. Wilma, vénézuélienne, veut se rendre à Genève, pour rendre visite à son fils de 20 ans qui est très malade. Lilianna, et Jennifer sont colombiennes. Contrôlées par la police aux frontières, elle sont placées en garde à vue puis en rétention.
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Les trois touristes arrivent à Paris à la fin juillet à des dates différentes. Elles ont un point commun : elles sont en transit et doivent prendre une correspondance, soit pour Genève soit pour Madrid. Elles n’ont pas pour projet de rester en France.
Wilma, Liliana et Jennifer auront toutes trois été en garde à vue. Elles sont ensuite placées en rétention administrative. […] On leur enlève les appareils photos et même les téléphones. « J’avais une bonne raison d’aller en Suisse, je devais voir mon fils malade » explique Wilma. Rien n’y fait. « Nous avons été traitées comme des criminelles » raconte t-elle.
[…]
Elle est désormais en état d’arrestation. Elle est considérée comme hors-la-loi. […] Wilma, Liliana et Jennifer sont ensuite transférées à Oissel, au sud de Rouen. Elles vont s’y rendre toutes les trois dans le même fourgon. Elles y passent douze jours. […] Les trois touristes sont convoquées au tribunal de Rouen le dimanche 11 août. Lors de cette audience, le juge des libertés et de la détention est clair : rien ne justifiait un tel traitement. […] Après le jugement, « on nous a demandé de partir très rapidement du centre de Oissel », se souvient Lilianna. À peine le temps de récupérer leurs quelques affaires, les trois sud-américaines se retrouvent sur le trottoir. […] Jennifer ne cesse de vomir, elle est très malade.
[…]
De son côté, la préfecture de Seine Saint Denis fait appel de la décision. En appel, lors d’une audience le mardi 13 août, le juge confirme l’annulation de la rétention. Rien ne justifiait la garde à vue ni la rétention. Aujourd’hui, les trois touristes ont une image catastrophique de la France. […] « Je veux qu’on me laisse partir, s’il vous plaît, je veux qu’on me laisse partir voir mon fils ».»
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