MAYOTTE : UN NOURRISSON TUÉ PAR LES GAZ LACRYMOGÈNES

Depuis plusieurs jours, l’île de Mayotte, territoire français dans l’Océan Indien, est en proie à des troubles après la mort d’un homme tué par un policier. Lorsqu’elle intervient, la police utilise régulièrement et massivement son arsenal, notamment des grenades lacrymogènes. Sans discernement.

France Info révèle qu’un nourrisson serait décédé vendredi 28 février à cause des gaz. Dans le lycée du village de Kahani, «un projectile de gaz est tombé dans une cour où se trouvait une famille. Un nourrisson d’environ trois mois aurait inhalé du gaz lacrymogène. Conduit aux urgences, le bébé est décédé. Le corps a été remis à la famille, l’enterrement a eu lieu en fin de matinée. »

Cet évènement effroyable fait très peu de bruit en métropole, et ne suscite aucune réaction. Le gaz lacrymogène est une arme devenue systématique dans les rapports entre la police française et la population. Pourtant il s’agit bien d’une arme dangereuse. Et ce n’est pas la première fois qu’un bébé est atteint par des gaz.

• A Lyon, samedi 7 décembre, lors de la fête des Lumières, les forces de l’ordre ont tiré des grenades. Un bébé de 30 jours aurait reçu des émanations de gaz lacrymogène. Une vidéo montre une femme accompagnée du bébé et de trois autres enfants atteinte par le gaz. Les images montrent des pompiers effectuer des gestes de secours sur le nouveau-né dans un magasin.

• Mardi 28 janvier, lors de la manifestation des pompiers à Paris, la police a envoyé tellement de lacrymogène qu’il a envahi les bouches de métro, et touché des passagers en semant la panique. Parmi eux, une mère et son nourrisson.

• A Nantes le 17 décembre, lors d’une manifestation contre la réforme des retraites, d’importantes salves de lacrymogène ont été tirées devant la maternité dans le centre-ville. Une femme enceinte a fait un malaise devant les portes, et plusieurs chambres avec des bébés et des mères sur le point d’accoucher ont du être évacuées.

Que faire de telles informations ? Pourquoi ne provoquent-elles pas de soulèvement généralisé ?

Sommes nous rendus au stade où des bébés et des femmes enceintes peuvent être intoxiqués sans qu’il n’y ait aucune réaction ?

Si tel est le cas, nous sommes déjà prêts pour le pire.