Pollution d’une rivière par Nestlé : le capitalisme tue


Retour sur les méfaits du géant mondial de l’agroalimentaire


«Sur 6 à 8 km, tout a été dévasté». C’est la réaction d’observateurs sur la rivière de l’Aisne dans l’est de la France. Des milliers de poissons morts flottent dans le cours d’eau, près d’une station d’épuration appartenant à l’entreprise Nestlé. Plusieurs tonnes de poissons ont été retrouvés à la surface. L’usine reconnaît un «débordement ponctuel et involontaire d’effluents de boues biologiques», c’est à dire organiques mais dangereuses. Le site fabrique du lait pour les dosettes Nescafé Dolce Gusto. Triste ironie : alors que Nestlé pollue une rivière en France, l’entreprise a fait fortune sur la privatisation des ressources en eau partout dans le monde.

Nestlé est le groupe agroalimentaire le plus puissant au monde. En 2005, la multinationale mise sur la ressource qui peut assurer le plus de profits à l’entreprise. Pour son président Peter Brabeck-Letmathe, l’eau n’est pas un «bien public» mais «une denrée alimentaire comme les autres et doit avoir une valeur marchande».

Nestlé devient vite leader sur le marché de l’eau minérale, et voit son chiffre d’affaires dépasser les 80 milliards d’euros en quelques années. Tandis que 900 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, le géant suisse possède aujourd’hui au moins une usine d’embouteillage dans chaque pays.

En France, Nestlé pompe abondamment l’eau de Vittel, dans les Vosges, malgré un déficit inquiétant de la nappe phréatique. La commune doit importer de l’eau potable de villages voisins. Depuis près de trente ans, la multinationale régente le développement économique et agricole. Elle est l’objet d’une enquête pour corruption. Un paysan expliquait : «Nestlé, c’est un État dans l’État ici».

En Amérique Latine, Nestlé et Coca-Cola privatisent les réserves d’eau et assoiffent plusieurs villages. En achetant des terrains et en récupérant l’eau gratuite, puis en la mettant simplement en bouteille, ces entreprises font des bénéfices sur un bien naturel. Au Mexique, 9 millions d’habitants vivent sans accès à l’eau potable, le gouvernement privatise le secteur à des multinationales. Nestlé pompait 9 millions m3 d’eau par an dans le pays et exploitait 16 aquifères, dont 6 surexploités en 2015.


Le capitalisme est un système prédateur, et cette pollution localisée s’inscrit dans un contexte mondial et privatisation du vivant et de destruction de la nature.


Sources :

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