Marseille : la préfecture interdit l’hommage à Zineb Redouane


Jusque dans la mort, les autorités françaises veulent maintenir leur domination, effacer la mémoire.


La plaque commémorant la mort de Zineb Redouane a été retirée par la préfecture

Alors que des habitants et habitantes de la ville de Marseille veut rendre hommage à Zineb Redouane, tuée il y a trois ans par le tir d’une grenade lacrymogène en pleine tête alors qu’elle était dans son appartement, la préfecture fait tout pour empêcher le souvenir et le recueillement.

Jeudi, pour commémorer le décès de l’octogénaire survenu le 1er décembre 2018, une plaque de rue au nom de Zineb Redouane était apposée dans la rue où elle habitait, la rue des Feuillants. Celle où a eu lieu de tir policier. Moins de 24h plus tard, la plaque était arrachée. Comme pour effacer toute trace.

Ce vendredi, veille de la marche en hommage à Zineb Redouane, la préfecture de police a pris un arrêté visant à interdire les manifestations dans les rues de l’hypercentre de Marseille ce week-end. Le document stipule que les précédentes manifestations à la mémoire de Zineb Redouane et contre les violences policières avaient suscité des «troubles à l’ordre public et des affrontements avec la police». Le cortège devra donc rester statique. Un rassemblement est prévu au Vieux Port à 16h.

Ces manœuvres des autorités rappellent celles observés à Nantes : les fêtes et manifestations suite à la mort de Steve ont été interdites et férocement réprimées. En juin 2021, deux ans après la mort du jeune homme, une free party en hommage au défunt a été réprimée avec une telle violence qu’un jeune a eu la main arrachée à Redon. Et à Nantes, une teuf dans le centre-ville a été noyée sous des centaines de grenades.


Terrible époque, terrible pénombre


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