Macron veut construire 14 centrales nucléaires


Le gouvernement dans les pas des nucléocrates des années 1970


Macron s'inspire de Giscard et sa folie du tout nucléaire

À deux mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron annonce qu’il veut construire six nouvelles centrales nucléaires EPR dans les années qui viennent, et projette 8 autres centrales d’ici 2050. 14 centrales nucléaires supplémentaires dans ce pays, la France, le plus nucléarisé au monde. Macron souhaite également «prolonger tous les réacteurs qui peuvent l’être» au-delà de 50 ans, alors que leur durée de vie initiale était de 40 ans maximum, pour des raisons de sécurité. C’est un retour vers le futur : dans les années 1970, en pleine folie du tout nucléaire. Macron marche dans les pas de Giscard. Quelques rappels.

Un risque géré de manière opaque

Le 6 février 2022, il y a quatre jours donc, un départ de feu avait lieu dans une vieille centrale nucléaire située à Cruas-Meysse, en Ardèche. Comme toujours, opacité et indifférence médiatique. Pour cause, le 21 décembre 2021, EDF reconnaissait déjà avoir pollué les sols et les eaux sous la centrale du Tricastin, dans la Drôme. 900 litres provenant de la zone nucléaire ont débordé lors d’un transfert fin novembre et se sont déversés dans le réseau de collecte d’eaux pluviales. Ils se sont infiltrés dans le sol jusqu’à rejoindre la nappe d’eau souterraine. Du tritium y a été détecté dans des concentrations particulièrement fortes : jusqu’à près de 29 000 Bq/l. Quasiment trois fois plus que le maximum recommandé par l’OMS, une norme déjà très haute.

Dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 décembre 2021, un réacteur de la centrale nucléaire de Cattenom, dans le Grand Est, s’est arrêté soudainement. Un problème électrique a provoqué l’arrêt de la turbine du réacteur.

Dans la soirée du 16 décembre 2021, le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Gravelines, dans les hauts-de-France, s’est arrêté brutalement. Ces «incidents» font partie de dizaines d’autres, plus ou moins graves, qui ont lieu chaque année en France. Jusqu’à l’accident de trop.

Des EPR « nouvelle génération »

Macron veut construire des EPR – «réacteur pressurisé européen» –, la «nouvelle génération» de centrales nucléaires. La France vante son savoir faire et veut l’exporter. Par exemple, l’EPR de Flammanville, lancé dans les années 2000, a déjà plus de dix ans de retard et son coût initial a déjà été multiplié par 4. Il atteint désormais près de 13 milliards d’euros.

En 2008 «des fissures» apparaissaient dans le béton de la structure, entraînant la suspension des travaux. En 2012, une fuite radioactive est survenue sur le circuit primaire du réacteur numéro 1. En 2017, une détonation et un départ de feu avaient lieu dans une salle des machine.

Ces technologies, extrêmement complexes, coûteuses et dangereuses ne sont pas maîtrisées. Et le gouvernement voudrait multiplier les projets de ce type. Dans le même genre, la centrale «superphénix», imposée près de Lyon à coups de grenades contre les anti-nucléaires dans les années 1970, n’a jamais été mise en service. Elle a coûté la vie à un jeune manifestant, et des sommes colossales d’argent public.

Un démantèlement impossible ?

Prenons la centrale nucléaire de Brenillis, en Bretagne. Elle n’a fonctionné qu’une quinzaine d’années. C’est la première centrale nucléaire mise à l’arrêt, dès 1985. 40 ans plus tard, les autorités n’arrivent toujours pas à la démanteler ! Pour les responsables : «le confinement des déchets dans l’enceinte du réacteur n’est pas envisageable compte tenu de la nature du sol et de la présence d’une nappe phréatique qui affleure en certains endroits»…

Dans la nuit du 12 au 13 décembre 2000, une montée de la nappe provoque une inondation dans la station de traitement des effluents. En 2001, la centrale connaît un départ de feu. En 2006, des éléments radioactifs sont mesurés autour de la centrale. En 2015, nouvel incendie dans le bâtiment lors du chantier. Le coût du démantèlement complet est évalué à 850 millions d’euros. En 2022, l’opération patauge encore.

Le nucléaire est une folie

L’industrie atomique prend en otage l’humanité entière, car il est quasiment impossible de stopper cette machinerie de pointe hautement dangereuse, ni d’en sortir sans l’appui d’un complexe technocratique, opaque et autoritaire. En cas d’effondrement écologique, de crise mondiale ou de faillite de l’État, c’est la catastrophe : il faudra aussi subir les effets d’une crise nucléaire totale.

Le nucléaire prend aussi en otage les générations futures pour des centaines de milliers d’années. Prétendre maîtriser cette technique, faire croire que l’humain serait infaillible relève d’un orgueil démesuré. Si les grecs anciens avaient utilisé du nucléaire, nous vivrions encore sous la menace de leurs déchets, 25 siècles plus tard ! Tout cela pour une énergie qui sera, de toute façon, de plus en plus coûteuse, et qui est dépendante d’extraction d’uranium en Afrique.


Dans le domaine nucléaire comme pour le reste, ceux qui nous gouvernent sont des gosses capricieux et irresponsables, qui se moquent de ce qui peut arriver après leur règne. Ralentissons la machine, au lieu d’accélérer dans le mur.


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