Je macrone, tu macrones, il/elle macrone…

Cela fait presque quatre mois que l’armée russe est entrée en Ukraine, autant de temps que Macron gesticule sur la scène diplomatique. Mise en scène de ses appels avec Poutine, publications sur les réseaux sociaux, apparition en hoodie d’un commando de parachutistes, photos de propagande barbu et l’air fatigué, déplacement chez les uns et les autres… Depuis le début de la guerre les responsables de la fabrique du consentement côté Élysée aimeraient faire apparaître leur chef comme un élément indispensable à la résolution du conflit, un acteur majeur de la diplomatie sur le continent.
Malgré tous les efforts mis en place pour se donner en spectacle personne n’est dupe. Si bien que désormais, tant en Ukraine qu’en Russie, est apparu le terme «Macroner». Ce néologisme désigne quelqu’un qui se dit préoccupé par une situation, mais ne bouge pas pour autant, quelqu’un qui parle pour ne rien dire. Les élucubrations du banquier-chef de guerre ne convainquent pas et ne font pas avancer la situation.
Pire, les déclarations de son équipe représentent un risque d’escalade du conflit, on se rappelle des propos du ministre de l’économie qui menaçait la Russie d’une «guerre économique totale», avant de se rétracter suite à la reprise de volée de l’ancien président russe Medvedev, suggérant l’utilisation de missiles nucléaires pour fermer le claque-merde de Bruno Lemaire. Depuis leurs salons dorés, ces gens font mumuse alors que chaque jour les morts et les destructions continuent et que les souffrances du peuple ukrainien s’aggravent.
Avant la guerre, on ne les a pas vu, tous ces braves gens aux postes ronflants, tenter de faire respecter l’accord de Minsk, ce qui aurait peut-être dissuadé la Russie de s’engager dans la voie militaire. En revanche, on a bien vu Macron et son camp défendre l’interventionnisme militaire occidental ou les intrusions turques en Syrie, en Irak et au Kurdistan, perdant de fait toute crédibilité pour être un interlocuteur en faveur de la paix.
Alors Macron macronne : en France et à l’étranger, il s’agite. Pendant ce temps, il a même réussi l’exploit de mettre en grève le corps diplomatique en annonçant sa dissolution dans le «pot commun» des fonctionnaires, mettant fin ainsi à sa spécificité. Le ridicule ne tue pas, mais la guerre oui, la diplomatie n’est pas un spectacle. Guerre à la guerre !
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