La mort dans les prisons de Nantes


Jeudi 11 août, un prisonnier s’est pendu à la maison d’arrêt de Nantes. Il avait 35 ans et souffrait de troubles psychiatriques. C’est le 52e suicide d’une personnes détenue connu à ce jour depuis le début de l’année 2022.


Tourelle de la prison de Nantes

C’est le 5ème suicide dans les prisons de Nantes en quatre mois seulement. :

  • Le mercredi 25 mai, un homme de 31 ans était retrouvé pendu au centre pénitentiaire de Nantes.
  • Quinze jours plus tôt, dans les mêmes circonstances, un autre détenu était découvert mort dans sa cellule.
  • Le lendemain, jeudi 12 mai, un prisonnier de 37 ans se donnait la mort à la maison d’arrêt de Carquefou en périphérie nantaise.
  • Jeudi 23 juin, toujours à Nantes, un détenu âgé de 57 ans est «retrouvé mort» dans sa cellule. Il avait déjà fait une tentative de suicide en mai.

Détention, privations, exclusion : la prison tue. Les punitions et les violences de l’enfermement, celles des matons et des administrations pénitentiaires tuent.

Avec la canicule, les conditions de détentions sont encore plus difficiles. À plusieurs dans une cellule, sans avoir toujours accès aux douches, la chaleur est insupportable, l’air irrespirable, et la température peut dépasser les 40 degrés.

  • À la prison de Nantes, le taux d’occupation atteignait 143,5 % en mai 2022.
  • 19.084 détenus sont des prévenus, incarcérés dans l’attente de leur jugement. Un quart des prisonniers en France n’a donc pas été condamné. Et l’on n’a jamais autant enfermé dans ce pays.
  • Il y aurait près de 25 % de personnes atteintes de troubles mentaux en prison selon les autorités. De nombreux détenus souffrent de troubles psychiatriques et relèvent davantage de soins que de mesures d’incarcération.

Les prisons garantissent les intérêts économiques et politiques des puissants et brisent, maltraitent et tuent les individus. Il ne s’agit pas de protéger ou réparer la société : l’incarcération est une manifestation de la toute-puissance de l’État sur les corps.


Plutôt que de compter les morts, imaginons une justice réparatrice et l’abolition des lieux d’enfermement.


MÀJ : Le soir après la publication de cet article nous apprenions un nouveau suicide à la maison d’arrêt de Nantes.

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