Un aperçu de la guerre des classes en France

C’est une enquête menée par l’association Linkee, qui lutte contre le gaspillage alimentaire et qui vient d’être rendue publique. L’étude se penche sur la précarité étudiante, qui explose ces dernières années, et en particulier avec l’épidémie de Covid suivie d’une explosion de l’inflation. La jeunesse est frappée de plein fouet et les files d’attente d’étudiant-es pour obtenir de l’aide alimentaire d’urgence sont désormais énormes dans toutes les grandes villes.
Linkee révèle que 20% des étudiant-es ont arrêté ou envisagent d’arrêter leurs études à cause du manque d’argent. «Le pays tout entier se priverait ainsi d’une génération prête à se former mais dont les premiers pas dans la vie active sont guidés par l’apprentissage de la pauvreté, l’entrée en misère» écrit l’association. Un autre chiffre : un étudiant sur 10 bénéficiant de l’aide alimentaire a dû dormir à la rue ou dans une voiture ces 12 derniers mois. Cette précarité massive se conjugue avec l’explosion d’une hausse massive des cas de dépression et souffrances psychiques chez les plus jeunes.
Dans le même temps, le quotidien l’Humanité révèle que la moitié des ministres sont millionnaires. Dans ce nouveau gouvernement pléthorique, composé de 34 ministres, chacun grassement rémunéré et accompagné d’une armée de conseillers eux mêmes surpayés, 17 ont un patrimoine dépassant 1 million d’euros. Pire, un tiers des ministres se hisse dans le 1% des Français les plus fortunés. Gabriel Attal, par exemple, était héritier millionnaire avant même l’âge de 30 ans sans jamais avoir travaillé. Franck Riester, ministre délégué au Commerce extérieur possède dix millions d’euros, Amélie Oudéa-Castéra sept millions d’euros, notamment en actions Axa et Carrefour, ou Éric Dupond-Moretti, cinq millions d’euros. Ce gouvernement comporterait encore plus de millionnaires que celui d’Élisabeth Borne en 2022. En parallèle, les profits des grandes entreprises et des spéculateurs explosent comme jamais.
Ce sont ces ministres, qui ont toujours bénéficié de tous les privilèges, qui appliquent des mesures d’une extrême violence contre les précaires, les chômeurs, les petits salaires, les sans-papiers. La France vit une guerre de classe sans fard : nous avons directement des managers toxiques et richissimes à la tête du pays, et ils sont décidés à nous sacrifier pour faire plus de profits. Il faut bien comprendre qu’il n’y a pas «de crise». Si les services publics sont en ruine, les salaires trop bas, les hôpitaux à l’agonie et les protections sociales démantelées, ce n’est pas à cause de «crises» mais parce que ces gens organisent un immense transfert d’argent des poches des plus démunis vers celles des privilégiés.
«C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches» écrivait déjà Victor Hugo en 1869.
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