Le macro-lepénisme en action à l’université du Medef

Jordan Bardella, Gabriel Attal et Éric Lombard à l'université du Medef

Cette semaine le patronat français, réuni au sein de son lobby, le Medef, organisait son université d’été intitulée «la Rencontre des entrepreneurs de France». Les patrons ont convoqué différentes personnalités politiques, ce qui a donné l’occasion de constater à quel point les idées et les mots de l’extrême droite et des macronistes sont identiques, et à quel point le macro-lepénisme est un seul et même camp au service des ultra-riches.

Commençons par le ministre de l’Économie Éric Lombard. Il a promis au Medef que le retour de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) était «complètement écarté» dans le budget 2026. C’est curieux, c’est le même ministre qui parle en permanence de l’urgence à réduire la dette et d’équilibrer le budget.

L’ISF représente autour de 4,5 milliards d’euros par an de manque à gagner pour l’État, et sa suppression ne bénéficie par définition qu’à une petite minorité de privilégiés. Par exemple, si deux jours fériés étaient supprimés comme le veut Bayrou, cela représenterait un gain évalué à près de 4 milliards d’euros. Donc Eric Lombard et ses copains veulent littéralement imposer deux jours de boulot en plus à toute la population pour compenser un cadeau à quelques riches, et ils en sont fiers.

Lombard a d’ailleurs déclaré : «Il n’y a pas de surtaxe pour les entreprises, qui était prévue sur un an et le crédit impôt recherche est sanctuarisé». Vous avez bien lu : le plan d’austérité programmé à la rentrée a prévu d’attaquer tout le monde, sauf ceux qui ont déjà de l’argent et bénéficient d’aides massives, et c’est dit en toute transparence.

Devant le Medef, Jordan Bardella est lui aussi venu servir de paillasson en public. Il a par exemple martelé «qu’il faut pousser les jeunes plus tôt sur le marché du travail». Ça tombe bien, c’est exactement le programme de Macron, qui a fait passer plusieurs lois pour «professionnaliser» toujours plus tôt la jeunesse des classes populaires, et envoyer des enfants en stages et en apprentissage.

Élisabeth Borne, ministre de l’éducation, affirmait même au printemps : «Il faut se préparer très jeune, dès le départ, presque depuis la maternelle, à réfléchir de la façon dont on se projette dans un métier». Résultat : des adolescents prolétaires meurent au travail, par exemple Lorenzo Menardi, qui n’avait que 15 ans. Ce jeune apprenti maçon est décédé sur un chantier en avril dernier, dans l’indifférence générale. L’inspection du travail en Pays-de-la-Loire avait rendu un rapport sur la situation préoccupante des jeunes travailleurs, expliquant que plus d’un tiers des entreprises présentaient des irrégularités sur la durée du travail. En clair, les jeunes sont exploités de plus en plus tôt, mal protégés, mais Jordan Bardella trouve que ce n’est pas encore suffisant.

Autre déclaration du poulain de l’extrême droite : «La productivité de l’économie française entre 2017 et 2025 stagne. Il n’y a pas assez de gens qui travaillent dans notre pays». Là, disons-le tout net, nous sommes sur un foutage de gueule de niveau stratosphérique. Jordan Bardella n’a jamais travaillé de sa vie. Il a échoué sur les bancs de la fac, en récoltant ces notes en licence de géographie : 4/20, 2,6/20, 1,8/20… Mais Bardella avait déjà un poste au Front National, payé l’équivalent de 2,5 fois le SMIC pour un mi-temps. Il a bénéficié d’un emploi fictif, a participé aux opérations de détournement de fonds du RN, il est député fantôme au Parlement européen… Et il est désormais l’heureux propriétaire, avant 30 ans, d’un logement à Garches, près des villes huppées de Saint-Cloud et de Versailles. C’est délicieux l’argent public, mais pas pour les autres.

À côté de lui, Gabriel Attal déclare devant les patrons : «Le travail, c’est central pour le bonheur dans une société !» Lui non plus n’a jamais travaillé de sa vie. Il était héritier millionnaire avant même d’être trentenaire. Attal est le fils d’un producteur de cinéma parisien, il a été élève dans une école privée élitiste, l’école Alsacienne, puis il a fait un tour à Science Po avant d’entrer en politique, où il a été propulsé dans les hauts postes de pouvoir par les macronistes. Toute sa vie, il n’a connu que les palais de l’élite parisienne. Et tout sa vie est contenue dans quelques arrondissements privilégiés de la capitale. Gabriel Attal est millionnaire depuis l’âge de 25 ans. Pourtant, il affirmait dans la presse il y a quelques mois encore que le «modèle social» français était trop «coûteux» et qu’il fallait donc réduire les allocations chômage. Il aime aussi répéter la formule «Le travail, c’est la liberté» ou «le travail rend libre», une formule empruntée – consciemment ou pas – aux nazis.

Entouré de tels soutiens, le Medef a pu se faire plaisir, et a dévoilé son propre programme économique : le lobby patronal réclame 1,5 million de fonctionnaires en moins, la retraite par capitalisation, 20.000 communes supprimées, de nouvelles baisses d’impôts pour les riches… Avec des serviteurs aussi zélés, allant du PS aux néofascistes, les patrons auraient tort de se priver.

AIDEZ CONTRE ATTAQUE

Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide.

Faites un don à Contre Attaque, chaque euro compte.