Derrière la stratégie de «dédiabolisation» et de «respectabilité» mise en œuvre par différents partis d’extrême droite au cours des dernières années, on oublierait presque qu’en plus d’être nauséabondes, les idées portées par les fascistes ont des conséquences bien réelles. Au cours des derniers mois, le nombre de violences commises par nervis, policiers ou militants d’extrême droite explose. Tour d’horizon d’une France qui s’enfonce dans l’impunité fasciste.

À Décines-Charpieu, non loin de Lyon, le trajet ordinaire d’un lycéen de 17 ans a viré au cauchemar le 19 janvier. Le jeune garçon, d’origine syrienne, a été attaqué puis tabassé par 3 hommes cagoulés, avant d’être tailladé au visage par des lames de rasoir. Le tout accompagné d’un torrent d’injures racistes : «Sale Arabe» ou islamophobes «Sale Musulman». Laissé pour mort, ses agresseurs ont pris soin de lui raser les sourcils avant de prendre la fuite. Alors qu’une enquête a été ouverte pour violences aggravées en réunion – la victime s’est vue délivrer une incapacité totale de travail de 5 jours – des sources policières appellent pourtant à la «prudence» concernant les mobiles racistes des agresseurs.
Du côté de Nice à la mi-décembre c’est une bande d’une quinzaine de nervis d’extrême droite qui a semé la terreur dans le Vieux-Nice. Un groupe de 5 amis, venu boire des coups, se fait attaquer par ces derniers, cagoulés, après s’être fait insulter de «sales bougnoules». Incapable de faire face à autant de violence, une victime raconte s’être fait «shooter de partout» avant que des passant·es n’interviennent, provoquant la fuite de la petite bande d’excités. Une des personnes agressées témoigne le lendemain : «Physiquement, ça aurait pu être vraiment pire, heureusement qu’ils n’avaient pas de lames. Mais les insultes racistes font encore plus mal que les coups… Ça reste dans la tête». Les soupçons se portent sur Aquila Popularis, un groupuscule néo-nazi qui fêtait ses 3 ans ce soir là, notamment composé d’anciens membres des Zoulous, un groupe ultraviolent actif jusqu’en 2021.
Dans la ville de Toulouse le 18 janvier, deux étudiants ont vu débarquer dans leur appartement un voisin armé leur criant «On ne veut pas d’étrangers, c’est nous qui payons la CAF [..] Je ne donne pas mon nom à des Arabes». Avec pour seul crime d’avoir la mauvaise couleur de peau, l’étudiant en médecine et l’autre en mathématiques, racontent avoir «cru mourir» ce soir là. À nouveau en jeu ici, les discours d’extrême droite sur les «asociaux», qui font visiblement mouche dans l’esprit des plus dérangés. Triste ironie, celui qui pensait taper sur des «assistés» est sans emploi. L’extrême droite monte les plus faibles les uns contre les autres.
Enfin, dans le Val d’Oise le 23 janvier, deux pompiers d’origine maghrébine ont découvert, dans leurs placards personnels, du jambon sur lequel était inscrit des insultes racistes avec des références religieuses détournées. Visiblement insatisfaits de leurs premières humiliations racistes, les auteurs ont reproduit la même action dès leur sortie de garde suivante.
Loin d’être une simple énumération de faits divers, ces agressions illustrent le passage à l’acte raciste qui se généralise, et l’impunité de plus en plus manifeste en faveur de l’extrême droite. Sagement rangés dans leurs fauteuils, les chroniqueurs de Cnews ou de BFM distillent patiemment leur poison avec des audiences de plus en plus vastes, repoussant toujours plus loin la frontière de l’acceptable.
Les actes islamophobes ont augmenté de 75% sur la période janvier-mai 2025 par rapport à l’année précédente, avec un triplement des atteintes aux personnes. De quoi rassurer celles et ceux qui se questionnent encore sur l’arrivée imminente de l’extrême droite au pouvoir. Il est désormais plus qu’urgent d’organiser une vaste riposte antifasciste et populaire pour protéger nos vies.
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