
Lire et soutenir la presse indépendante est un des remèdes pour voir un peu plus clair dans la brume fascisante qui se propage dans la France bonapartiste d’Emmanuel Macron. Nous essayons donc, dès que nous en avons l’occasion, de mettre en lumière le travail de camarades portant des projets comme La Grappe, une revue indépendante et autonome en territoire bordelais. Fin décembre, nous avons eu le plaisir de recevoir leur deuxième numéro.
Avant d’être la revue que nous avons entre les main, La Grappe est un site participatif (fraîchement retapé), avec la vocation de proposer un outil «ouvert à toustes, de partage d’informations, de réflexions, d’actualités politiques et de pensées révolutionnaires à Bordeaux et ses environs». En plus de multiples articles et podcasts disponibles, on y retrouve le contact des différents collectifs actifs sur Bordeaux ainsi qu’un agenda proposant de nombreux événements, allant de la contre-manifestation face au rassemblement d’un certain syndicat policier, une rencontre avec des Kurdes autour de la situation au Rojava ou des projections de films.
Dans les 180 pages qui constituent ce deuxième numéro de La Grappe, nous retrouvons un total de dix articles écrits anonymement entre avril 2024 et novembre 2025. Avec des sujets divers et variés, ancrés dans le territoire girondin comme un bilan sur les déboires de la mairie écologiste bordelaise et de son maire Pierre Hurmic ou un article sur la lutte en cours face au projet écocide de trains lignes grandes vitesses, un an après ses débuts.
Par la possibilité de publier sur La Grappe de façon anonyme, certain·es ne manquent pas de saisir l’opportunité pour revendiquer des actions plus ou moins friponnes, comme le blocage, sous une montagne de pneus, de la rocade bordelaise au petit matin du 9 septembre par des individus fort impatients des événements du lendemain. Une banderole flotte au-dessus de la rocade : «Demain, c’est maintenant».
La mélodie de l’antimilitarisme résonne au fil des pages de la revue, avec la publication du communiqué d’une action contre le salon du drone, où la façade du Palais des Congrès de Bordeaux avait été splendidement refaite à coup de tags « Drones testés sur génocide » et « Free Palestine », s’opposant au complexe militaro-industriel colonialiste et en solidarité avec le peuple palestinien.
À la page 130, on tombe sur un travail d’enquête sur les acteurs de l’industrie de guerre locale. La Nouvelle Aquitaine avec Bordeaux, tout comme l’Occitanie avec Toulouse, permet au Sud-Ouest de se constituer en zone historique de la production d’armement dans l’hexagone, notamment à travers l’industrie de l’aérospatiale et de la défense (ASD). Les grands groupes Thales, Dassault ou Safran, y sont bien évidemment implantés mais on prend également le temps de présenter la constellation de labos de recherche, PME et autres start-up qui travaillent en tandem avec ces grands groupes.
Cette enquête nous offre le savoir nécessaire pour «agir à notre échelle par le refus de la participation à ce commerce». Des informations précieuses pour permettre le développement d’un anti-militarisme et d’un anti-impérialisme populaires et inscrits dans le territoire local. «Les machines de guerres font partie de l’ADN du capitalisme. Son identité la plus claire», «l’armée et son corollaire l’industrie de guerre, est la matérialisation la plus explicitement violente de l’état impérialiste.» On ne pouvait pas dire mieux. À lire !
Il vous reste de nombreux articles à découvrir dans La Grappe n°2. Certains proposent une contre-histoire de la ville de Bordeaux qui ne laisseront pas insensibles les lecteur·ices de notre livre « Nantes, ville révoltée ». Mention spéciale également pour la rencontre avec les militant·es du collectif Les Peuples Veulent autour de la publication du Manifeste Internationaliste, ou l’interview réalisée avec un médecin urgentiste à Gaza. Vous l’aurez sans doute compris, que vous soyez de Bordeaux ou non, nous vous recommandons cette lecture enrichissante. N’hésitez pas à faire un tour également sur le site internet lagrappe.info !
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