– Vautours, nécrophages et mythomanes –

Que de chemin parcouru en une semaine ! Le 13 février, l’AFP, Le Nouvel Obs et Cnews parlaient d’un jeune catholique poignardé au coin d’une rue par des «antifas». Puis l’extrême droite évoquait un «agent de sécurité» qui aurait donné sa vie pour protéger des militantes du groupuscule Némesis, attribuant ce décès à la conférence de Rima Hassan. Un naufrage journalistique sans précédent.
Nous sommes le 12 février, et le déroulé réel des faits est connu. La confrontation a eu lieu à plusieurs centaines de mètres de la conférence, avant même qu’elle ne commence, et n’a donc aucun lien de près ou de loin avec l’eurodéputée franco-palestinienne. Des images prouvent qu’il s’agissait d’une bagarre où les fascistes étaient en surnombre et armés, qu’ils ont initié les violences, et qu’ils ont abandonné trois membres, dont Quentin Deranque, pour qui l’attaque à mal tourné. En étudiant les images et la configuration des lieux, il semble même que l’extrême droite a tendu une embuscade au coin d’une rue, au bout d’un tunnel, comme elle le fait souvent à Lyon autour des bars et événements de gauche. Et le narratif médiatique déjà bien fissuré vole chaque jour davantage en éclat.
Des antifascistes gravement blessés par Quentin Deranque et ses amis
Le 19 février, l’avocat lyonnais Bertrand Sayn qui défend l’un des antifascistes mis en cause rappelait le contexte : «un groupe de militants d’extrême droite, tous habillés de noir, armés» a attaqué, et «plusieurs militants d’extrême gauche qui ont aussi été sérieusement blessés et hospitalisés». Étant donné la gravité du dossier, cet avocat ne parle pas à la légère, et il doit disposer des preuves de ces hospitalisations.
Ses propos corroborent les images qui montrent des nazis jeter une torche incandescente à pleine vitesse qui frappe un antifasciste, pouvant provoquer de graves brûlures, ce qui déclenche la confrontation. On les voit aussi donner de grands coups de béquille métallique, de parapluie et de poing, probablement avec des gants renforcés, ou encore gazer les antifascistes qui répondent sans arme. Un témoin que nous avions interrogé nous disait déjà il y a plusieurs jours que les antifascistes comptaient des blessés dans leurs rangs, dont plusieurs sérieusement.
Non seulement Deranque et son groupe sont responsables de la bagarre, mais lui et ses amis ont commis de graves violences en réunion qui auraient pu tuer. Dès lors, pourquoi aucune interpellation des miliciens d’extrême droite ? Pourquoi aucune présence policière n’a empêché cette milice de nuire alors que, selon Médiapart, les renseignements avaient été prévenus du risque ?
La plaisanterie a assez duré. Les responsables politiques doivent s’excuser. Les médias qui ont menti doivent être sanctionnés. Les fascistes identifiés doivent être poursuivis. Les antifascistes qui se sont défendus doivent être libérés.
Arnaque à la cagnotte
À l’extrême droite, l’indécence et la bouffonnerie vont de pair, même dans les circonstances les plus graves. Némesis et leurs réseaux se sont précipités sur le corps de Quentin Déranque alors qu’il était encore dans le coma, pour dérouler un tissu de mensonges. Puis , l’extrême droite a inventé – soit en générant des images par IA, soit en reprenant des photos d’autres personnes, soit avec un dessin – pas moins de 7 Quentin différents pour réaliser des visuels en ligne… La palme de l’irrespect absolu revient à une image artificielle montrant un Quentin inventé intubé et tuméfié sur un lit d’hôpital. Une indignité vis à vis de la famille.
Mais les vautours ne s’arrêtent pas là. Le collectif Némésis a partagé une cagnotte présentée comme étant destinée à la famille du défunt pour payer les «frais d’obsèques». En consultant la cagnotte, on constate qu’elle sert aussi et surtout à financer «les frais» liés à la marche d’extrême droite annoncée ce samedi. Entre des frais d’obsèques et le paiement d’un défilé de néofascistes violents, on peut parler de détournement de fonds. L’argent servira-t-il à acheter d’autres armes et des bannières à croix celtiques ?
Cette cagnotte est d’ailleurs gérée par Aliette Espieux comme l’indique le site. Cette ancienne candidate du RN, connue pour son engagement contre l’avortement et la contraception, est mariée à Eliot Bertin, qui a fondé le collectif Lyon Populaire, aujourd’hui dissous pour « apologie de la collaboration avec le nazisme ». Cet individu est impliqué dans au moins huit agressions, dont une attaque ultra-violente contre une conférence sur la Palestine en 2023, qui a fait six blessés.
Mais comme les fafs pulvérisent tous les records d’irrespect, en plus de la cagnotte de Némesis, il existe au moins 2 autres cagnottes «officielles» prétendument en lien avec la famille… qui a pourtant bien dit qu’elle refusait la récupération du décès, et qu’elle ne soutenait pas la manifestation de ce samedi. Tout le monde s’y met.
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https://twitter.com/AnttonRouget/status/2024793378789937415
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