Bluff mortifère ou volonté d’utiliser l’arme nucléaire après avoir déclenché une crise mondiale insoluble ?

Depuis le 28 février, Trump et son meilleur allié Netanyahou déversent un déluge de bombes sur l’Iran. Depuis le début de cette agression, des dizaines de milliers de bâtiments ont été rasés, des centaines d’écoles frappées, des universités et lieux de recherche dévastés, des monuments historiques pluriséculaires détruits. Des milliers de civils sont déjà morts ou blessés et un désastre écologique gravissime et durable a été provoqué par les tirs contre des sites pétroliers. Pendant ce temps, les médias français s’extasient sur le «sauvetage» d’un pilote qui bombardait l’Iran, reprenant le narratif trumpiste sans aucune vérification.
Pourtant, malgré son appareil militaire gigantesque, Trump s’embourbe. Non seulement le régime iranien tient bon, mais il est renforcé politiquement par cette attaque. Et malgré les milliards de dollars d’armement utilisés, l’Iran réplique avec ses moyens modestes mais efficaces, et parvient à bloquer le stratégique détroit d’Ormuz. Par son arrogance et sa folie guerrière, Trump a provoqué une pénurie de pétrole et d’engrais aux conséquences incalculables pour l’économie mondiale.
Alors, pour s’en sortir, il accélère. Ces derniers jours, une purge a lieu dans l’armée des USA. Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, un illuminé d’extrême droite ultra-religieux, a destitué le général Randy George, chef d’état-major de l’armée de terre. Le numéro 1 de l’armée de terre a «quitté ses fonctions le 4 avril avec effet immédiat». Une telle purge en pleine guerre semble inédite. Est-ce parce que le général s’était opposé à un débarquement au sol des soldats étasuniens, comme le réclamait la frange dure des trumpistes ? Par ailleurs, deux autres généraux ont été écartés en même temps.
Depuis le retour au pouvoir de Trump, de nombreux hauts gradés ont été virés par l’administration. En novembre, le New York Times parlait déjà de «purge» pour «deux douzaines de généraux et d’amiraux», «limogés ou écartés». L’armée est de plus en plus politisée à l’extrême droite : début mars, des commandants de l’armée des USA déclaraient à leurs soldats que la guerre contre l’Iran était une guerre sainte faisant partie du «plan de Dieu», une guerre «bénie par Jésus» qui allait provoquer le retour du fils de Dieu sur Terre dans le cadre de «l’Armageddon». Dans la Bible, l’Armageddon est la bataille finale entre le Bien et le Mal, les rois des hommes et Dieu, c’est-à-dire l’apocalypse.
À présent, Trump multiplie les menaces gravissimes. Sur son réseau Truth Social, il évoque un anéantissement de l’Iran. «Une civilisation entière va mourir ce soir» écrit-il ce 7 avril. La veille, le 6 avril, il menaçait de renvoyer l’Iran à «l’âge de pierre» et déclarait que «le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de [ce mardi]». Il y a un mois, il prétendait «libérer» le peuple iranien, à présent, il menace de commettre un génocide. En réponse, l’Iran annonce son intention de «priver les États-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz pendant des années» si son armée «franchit la ligne rouge».
On apprenait la semaine dernière que des responsables de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se préparaient «au pire scénario», à savoir «une menace nucléaire en cas d’escalade du conflit». Hanan Balkhy, la directrice régionale de l’OMS pour la Méditerranée orientale, a déclaré que son personnel était «en état d’alerte maximal face à un possible incident nucléaire». «C’est ce qui nous inquiète le plus» a-t-elle expliqué, craignant «des conséquences qui se feront sentir pendant des décennies».
Il faut se méfier des paroles de Trump. Nous avons vu que cela pouvait être des coups de bluff pour accélérer des négociations, voire simplement des bouffées délirantes. Pour autant, après avoir à ce point haussé le niveau de menace, s’il ne fait rien, il perd le peu de crédibilité qui lui reste. Mais s’il met à exécution ses menaces, cela signifie un acte de guerre d’une barbarie sans précédent dans l’histoire de l’humanité, à savoir l’usage de frappes nucléaires infiniment plus puissantes que celles utilisées en 1945, qui étaient déjà un sommet d’horreur. Aussi délirants que paraissent les messages de Trump, il ne faut pas oublier que les USA sont le seul pays du monde à avoir déjà déclenché le feu atomique, assassinant en quelques secondes des dizaines de milliers de civils. Oseront-ils recommencer, et porter à tout jamais la responsabilité de ce crime indicible ?
Cet article est écrit alors qu’il est environ midi à l’heure de Washington. La réponse dans quelques heures.
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