
Des déflagrations en série qui soufflent des immeubles entiers, au milieu de quartiers densément peuplés. Ce sont des scènes terribles ce 8 avril à Beyrouth. Israël a lancé 100 frappes aériennes sur le Liban en 10 minutes. Une pluie de feu et d’acier. Des dizaines de bâtiments ont été rasés avec leurs habitants. Les bombes sont tombées simultanément au sud du Liban et dans la plaine de la Bekaa, alors que la capitale du Liban tremblait. Au moins 254 morts sont comptabilisés ce mercredi soir, sur cette seule journée, et des milliers de blessés. Ce bilan va s’alourdir. Israël a aussi détruit le dernier pont reliant le nord et le sud du fleuve Litani, pour faciliter l’annexion du territoire situé au sud.
Ce n’est pas un cessez-le-feu. C’est un bombardement massif de zones civiles. D’ailleurs, le gouvernement de Netanyahou se moque ouvertement des accords passés entre Trump et l’Iran. Le ministère de la défense se vante d’avoir «achevé la plus grande frappe coordonnée à travers le Liban depuis le début de l’opération Lion rugissant» et le gouvernement déclare que le cessez-le-feu avec l’Iran ne l’engageait pas à arrêter ses opérations. Le ministre israélien Gideon Saar clame que rien n’est «fini», et ajoute : «Je ne vois pas comment il est possible de rapprocher les positions des États-Unis et de l’Iran».
Beyrouth, de son côté, supplie «les amis du Liban» à intervenir pour faire cesser le massacre. Mais la France est un tel paillasson qu’elle a laissé ses propres casques bleus essuyer des tirs israéliens au Liban sans réagir. Il est donc peu probable qu’un pays qui préfère laisser mourir ses propres hommes plutôt que de tenir tête à des génocidaires intervienne.
Ce massacre fait évidemment réagir les iraniens, qui menacent de répliquer. En 24 heures, les USA ont menacé de raser l’Iran, puis ont signé une trêve qui s’avère finalement nulle et non avenue, puisque l’État d’Israël ne la respecte pas. Le bain de sang va continuer.
Autre fait marquant : quelques heures avant l’accord de cessez-le-feu, Israël a amplifié ses bombardements sur l’Iran, pour causer le maximum de dégâts jusqu’à la dernière minute. Ainsi, le
7 avril, l’une des plus grandes synagogues d’Iran située au cœur de Téhéran a été rasée par un tir. «La synagogue Rafi-Nia (…) a été entièrement détruite lors des attaques» rapporte la presse, et le rabbin Younes Hammami Lalezar, leader de la communauté juive d’Iran, s’est rendu devant les ruines. L’armée israélienne dit «regretter» ce «dommage collatéral», prétextant avoir visé un «haut commandant militaire». Décidément, cette armée commet beaucoup «d’erreurs» contre des lieux de culte, qu’il s’agisse de mosquées, d’églises et maintenant d’une synagogue.
En Iran, il existe une communauté juive implantée depuis plus de 2500 ans, à l’époque de l’empire Perse, qui compte encore des dizaines de milliers de membres, et qui sont reconnus comme une minorité religieuse. Il s’agit de la première attaque contre une synagogue iranienne dans l’histoire récente. Et elle a été perpétrée par Israël. Preuve que l’État colonial n’est en aucun cas un pays «protecteur des juifs».
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