La température en France est au même niveau que dans le Sahara


Notre pays est particulièrement exposé au réchauffement climatique. Aucune mesure d’urgence n’est prise pour protéger les travailleur·ses en danger et les habitant·es des quartiers. Les chaînes des milliardaires continuent d’assurer que tout va bien.


Cette carte sidérante montre l'emballement climatique qui frappe particulièrement la France ces derniers jours. «Seulement 1,2% de la planète sera plus chaud que l'endroit le plus chaud de France» alerte le journaliste Ben Noll, qui travaille au Washington Post, à partir des données du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme – ECMWF.

Cette carte sidérante montre l’emballement climatique qui frappe particulièrement la France ces derniers jours. «Seulement 1,2% de la planète sera plus chaud que l’endroit le plus chaud de France» alerte le journaliste Ben Noll, qui travaille au Washington Post, à partir des données du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme – ECMWF. Sa carte du monde montre les zones qui sont mesurées comme étant plus chaudes que la France en ce lundi 22 juin : le désert du Sahara, celui d’Arabie, quelques zones localisées au nord du Mexique et en Californie, ou encore au Turkménistan. Des territoires peu peuplés car quasiment invivables pour le mode de vie occidentalisé qui s’est imposé à travers le colonialisme et la mondialisation.

Aujourd’hui, il fait plus de 40°C pour des dizaines de millions de français et françaises. Localement, la température frôle 45°C. Une chaleur qu’un corps humain ou animal ne peut pas supporter. Mais la température brute n’est pas le seul indicateur. L’indice humidex sert à calculer les effets combinés de la chaleur et de l’humidité. Une très forte chaleur humide est létale, car la température corporelle ne peut plus se refroidir par la transpiration. En Bretagne ce lundi, l’humidex a atteint 48 à Vannes et 46 à Nantes, voire 50 par endroit. À partir de 45, on considère qu’il y a un grand danger pour les êtres humains. Au-delà de 54, c’est un danger de mort imminent. Nous n’en sommes pas loin, et la canicule va se poursuivre ces prochains jours. Les organismes des personnes fragiles, malades, âgées, enceintes ou en bas âges souffrent.

Comment est-il possible que l’économie ne soit pas à l’arrêt ? Comment a-t-on pu stopper le pays pendant le Covid mais qu’il n’y ait aucune mesure d’urgence actuellement ? Les travailleur·ses du BTP, de la restauration, des boulangeries et autres professions manuelles sont littéralement exposé·es à la mort en allant bosser. Un droit de retrait immédiat devrait être proposé et protégé par les syndicats.

Comment peut-on envoyer des ouvriers couler du goudron sur les routes, porter des charges dans des entrepôts ou couvrir des toits par ce temps ? Et que dire des millions de personnes vivant dans des tours mal isolées, sans espaces verts à proximité ou des personnes à la rue ? Des bâtiments dont les murs qui ont accumulé la chaleur peuvent continuer à chauffer l’intérieur des pièces durant la nuit, prolongeant le calvaire ? La vie du prolétariat est sacrifiée. L’écologie, c’est la lutte des classes.

La faune et la flore vont énormément souffrir. Nous ne sommes que le premier jour d’été, nous sortons en principe d’une période printanière d’éclosion et de régénération de la végétation. La période de nidification des oiseaux, essentielle pour le cycle biologique, a lieu entre mars et juillet. Il risque littéralement de pleuvoir des oiseaux morts, comme dans les scénarios apocalyptiques. Les élevages vont être éprouvés, les cultures aussi. Avec de telles chaleurs, on parle littéralement de risques de pénuries alimentaires.

Le réchauffement du climat n’est pas uniforme. Quand on parle de +1,5°C à l’échelle mondiale, cela ne veut pas dire une augmentation homogène partout. D’après une étude du CNRS la France se réchauffe beaucoup plus vite que la moyenne planétaire. Et la planète se réchauffe plus vite que les précédentes études l’imaginaient. Avec une réduction «modérée» des gaz à effets de serre, les températures dans l’Hexagone pourraient augmenter en 2100 de 3,8 degrés en moyenne par rapport au début du XXème siècle.

Dans le pire des scénarios, celui où on continuerait à avoir un recours massif aux énergies fossiles – pétrole, gaz, charbon –, ce qui est actuellement le cas car les émissions vont en augmentant, les températures moyennes pourraient grimper de 6,7 degrés chez nous. Cela implique un paysage entièrement modifié, des espèces qui disparaissent, des conflits majeurs autour de l’eau, une crise agricole durable, et donc des pénuries, des morts… Le pourtour méditerranéen serait l’une des zones les plus fortement touchées par cette hausse, et deviendrait quasiment désertique, tout en subissant un fort impact au niveau des espèces marines. Depuis des années, les experts du climat tirent la sonnette d’alarme : notre pays n’est absolument pas prêt à affronter les conséquences du changement climatique. Mais rien n’est fait.

Pourtant, certaines chaînes de télévision et politiciens réactionnaires continuent de nous répéter, en dépit du réel, que le réchauffement du climat n’est pas si important qu’on le dit et qu’il est normal qu’il fasse chaud en été. S’ils sont si sûrs d’eux, nous les invitons à prouver leurs propos, et à passer la prochaine après-midi dans leur voiture, moteur coupé donc sans climatisation, sur un parking ensoleillé.

SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE

Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !

Tous les 15 jours recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque.