
Les prix du carburant et des denrées alimentaires explosent, la colère aussi. À un mois des appels à tout bloquer le 17 octobre, le secteur de l’énergie rentre dans une zone de turbulences. Ce mardi 15 septembre, dès 3 heures du matin, des pêcheurs ont bloqué le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, le plus important site de stockage de carburant raffiné du pays.
Ce mercredi 16 septembre au matin, nouveau blocage d’un site pétrolier, cette fois-ci dans l’Hérault, à Frontignan. Une centaine de marins pêcheurs ont allumé des feux sur la voie pour barrer l’accès au dépôt. Il s’agit de leur troisième jour de mobilisation contre la hausse des prix du diésel et la dégradation de leurs conditions de travail en mer. La manifestation s’est terminée en fin de matinée sous la pression des CRS.
Toujours ce mercredi, la CGT TotalÉnergies lance un appel à la grève le 8 octobre prochain sur tous les sites du groupe. Le syndicat proteste contre des conditions de travail indignes et la perte de pouvoir d’achat des salariés de la multinationale, alors que l’entreprise s’est gavée sur fond de flambée des prix du pétrole liée à la guerre en Iran. Un «mouvement qui pourrait se traduire par l’arrêt d’expédition des carburants des raffineries et la fermeture de stations-service».
Outre les mobilisations touchant le secteur pétrolier, un important mouvement a débuté mardi 15 septembre. Les agents du groupe EDF sont rentrés massivement en grève contre la remise en cause de leur tarif préférentiel de l’énergie. Comme pour les carburants, les prix du gaz et de l’électricité sont grimpés en flèche. Ce maigre avantage sur les prix des énergies des salariés d’EDF fait partie de leur rémunération. Cette conquête sociale est désormais attaquée par le gouvernement. 59% des salariés sont en grève, soit 38.000 personnes.
À la centrale nucléaire de Gravelines, 80% des effectifs ont cessé le travail. D’autres sites nucléaires ont été touchés par la grève comme au Tricastin, à Flamanville, Nogent-sur-Seine, Penly, Cattenom, Paluel et Saint-Alban entraînant une chute de la puissance disponible de 6,5 gigawatts, correspondant à 13% de la demande nationale.
À Marseille, une manifestation a réuni une centaine de gaziers et électriciens du groupe. Au barrage hydraulique de Lyon-Villeurbanne, d’autres grévistes étaient mobilisés pour défendre le tarif agent.
À Dunkerque, on défend aussi le « tarif agent ». L’opérateur Fluxys subit un fort mouvement de grève au terminal méthanier. Il s’agit du plus gros terminal de France. Ici la capacité de livraison a été réduite à 4 gigawatts par heure contre 9,4 habituellement.
Tout le monde a une bonne raison de se révolter en ce début de rentrée. Organisons la colère !
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