Mouvement lycéen : les personnels éducatifs et les parents d’élèves sont aussi victimes de violences policières

Un policier casqué projette une CPE au sol alors qu'elle voulait empêcher des violences envers les enfants qu'elle a sous sa responsabilité.

Toute la semaine dernière, les médias dominants ont inventé des violences commises contre le personnel éducatif en montant en épingle l’histoire d’un proviseur à Marseille qui aurait été «aspergé d’essence» ou d’un «jet d’acide» lors d’un blocus à Saint-Denis. Deux énormes mensonges, pourtant repris massivement à la télé pour mieux stigmatiser les jeunes «barbares» qui s’en prendraient à des adultes.


La réalité, c’est que la répression ne frappe pas que les adolescent·es : le personnel des lycées mais aussi des parents ont été visé·es par la violence des forces de l’ordre. Voici quelques exemples qui n’ont pas fait la Une des JT :


  • Le 28 septembre, aux abords du lycée Blaise Cendrars bloqué à Sevran, en Seine-Saint-Denis, une représentante des parents d’élèves reçoit une balle de LBD dans les jambes. Une chaîne humaine de parents et du personnel éducatif se forme pour créer une zone tampon entre les lycéen·nes et les policiers. C’est à ce moment-là qu’une mère est visée par le tir. Le même jour, la police montée charge des enfants et des adultes observateurs devant le même établissement.
  • Jeudi 1 octobre, dans l’Ariège, un professeur de français syndiqué à la FSU est arrêté lors d’un blocus lycéen à Pamiers, puis placé en garde à vue. Le personnel éducatif avait formé un cordon pour protéger les jeunes de la police. C’est à ce moment-là que l’enseignant, ainsi que plusieurs adolescent·es, auraient été interpellé·es. À sa sortie du commissariat, le professeur dénonce, devant l’établissement, un dispositif démesuré qui a attaqué à coup de grenades lacrymogènes les élèves, et rappelle que c’est l’intervention policière qui a été responsable du désordre.
  • Répression aussi contre une CPE lors du blocage de son établissement dans l’Essonne. Elle évoque une scène où elle a été prise à partie par des policiers alors qu’un élève était molesté par des agents. La fonctionnaire de l’éducation décrit une mobilisation « bon enfant » avant l’intervention des forces de l’ordre. En début d’après-midi, une compagnie de CRS et des policiers à moto sèment la terreur en chargeant les lycéens, ce qui provoque un mouvement de foule. C’est en voulant porter assistance à un jeune brutalisé par plusieurs policiers qu’elle a été violemment projetée au sol, frappée d’un coup de pied, puis gazée. «Je suis dévastée, mais vraiment dévastée. […] Ça fait longtemps que je suis CPE et je n’ai jamais assisté à de telles violences».
  • Le vendredi 2 octobre, au Blanc-Mesnil, au lycée Mozart, un communiqué raconte le calvaire d’élèves et de plusieurs professeurs qui ont tenté de faire face aux voyous en uniformes lors du blocage. Dès 9h30, un agent de la Police municipale heurte de plein fouet à moto un élève. Plutôt que d’être secouru, le lycéen victime de la collision est arrêté. Entre midi et 13h30, une compagnie de CRS charge les élèves et le corps enseignant devant l’entrée de l’établissement : « Des collègues qui cherchaient à sécuriser les élèves ont été matraqués et invectivés par les forces de l’ordre. Des interpellations ont eu lieu tout au long de la dispersion ». Les enseignants dénoncent l’usage massif employé contre les mineurs mobilisés, notamment l’emploi de lanceurs de balles de défense ainsi qu’une quantité astronomique de gaz lacrymogène.
  • La semaine dernière, des témoignages de jeunes lycéennes expliquaient que des professeurs du lycée de Bréquigny à Rennes avaient été victime de violences et d’insultes policières lors de différentes mobilisations.

Partout le personnel éducatif et les parents d’élèves qui sont engagés au côté des lycéens sont ciblés par la violence d’État. Il n’y a que deux camps : celui des justes, qui sont solidaires de la jeunesse révoltée, et celui des collabos qui mutilent et blessent des adolescents.

Le 6 octobre sera une grande journée de mobilisation des lycées et universités rejointe par le corps enseignant qui appelle à la grève. Et si cette semaine était un point de bascule vers un mouvement encore plus puissant et incontrôlable ?

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