Après avoir réprimé les lycéen·nes et fermé les établissements en lutte, le gouvernement s’attaque aux étudiant·es. Alors que la colère de la jeunesse continue de monter et que des dizaines d’universités se joignent au mouvement, une nouvelle provocation a lieu à Paris ce 5 octobre.

À quelques heures de la grande manifestation annoncée demain, plus de 500 étudiant·es se sont réuni·es en Assemblée Générale à l’université de la Sorbonne Nouvelle, située près de la Place de la Nation à Paris. Rapidement, des dizaines de policiers cagoulés ont été déployés autour du campus pour empêcher ces discussions.
Durant l’après-midi, les CRS sont entrés dans l’enceinte universitaire, ont nassé des étudiant·es pendant des heures, puis ont pénétré en force dans les bâtiments, en molestant les personnes qui se trouvaient à l’intérieur. Des images diffusées par Révolution Permanente montrent la brutalité de l’intervention de ces hommes armés dans un lieu de savoir et de débat. Symboliquement, ce sont encore des actes gravissimes.
Il fut un temps pas si lointain où il était impensable de laisser rentrer des policiers dans une université. En fait, l’entrée de forces de l’ordre dans les facs était interdite depuis le Moyen-Âge, à la demande d’un Pape au 13ème siècle ! Cela s’appelle la «franchise universitaire» : pas de gens d’armes dans les universités. C’est ce qui a permis, pendant des siècles, aux facs d’être des foyers préservés de liberté d’expression et de contestation.
Depuis 2018, cette protection a du plomb dans l’aile. Macron a fait voler en éclat cette tradition comme il a démantelé de nombreux acquis sociaux, en autorisant les interventions policières sur les campus. Depuis, de nombreuses universités sont régulièrement infestées par les forces de l’ordre, qui procèdent à des expulsions et des violences.
Le 10 avril 2025, dans le cadre d’une mobilisation étudiante contre l’austérité, la police étaient entrée dans la Sorbonne, fouillant et contrôlant l’identité des étudiant·es pour pouvoir accéder aux locaux. Certaines personnes identifiées comme militantes ont été empêchées d’entrer en cours. Le 7 mai 2024, des CRS étaient entrés dans un amphithéâtre de la Sorbonne et avaient arrêté une centaine de personnes d’un seul coup. Des policiers sont aussi intervenus dans de nombreux établissements supérieurs pour réprimer des occupations en soutien à la Palestine, ou lors d’autres mouvements étudiants.
Cette attaque de la Sorbonne par les autorités rappelle l’intervention menée au début du mois de Mai 68, contre les étudiant·es qui occupaient les locaux. À l’époque, cela avait très largement choqué, provoqué des nuits d’émeutes, puis un appel à la grève générale.
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