Tirs de grenade dans la mâchoire et de LBD dans les yeux, grenades explosives qui arrachent une main, simulacre de noyade, voitures lancées dans des foules : la police brise des adolescents et tente de tuer des lycéens depuis le début du mouvement de la jeunesse.

Plusieurs jeunes restent marqués dans leur chair par les violences d’État. Dans cette politique de terreur, il faut compter les 8.000 gardes à vue en quelques jours. Des rafles et d’innombrables violences et droits bafoués lors de ces passages en cellule… C’est dans ce cadre qu’un fait d’une gravité extrême s’est déroulé, comme le rapporte l’avocate Coline Bouillon-Delobeau à nos confrères de Off investigations.
Elle assiste de nombreux jeunes arrêtés dans des manifestations lycéennes. L’un d’entre eux aurait pu mourir. La juriste évoque au journaliste Valentin Dreveton le cas d’un «adolescent interpellé qui était atteint d’une forme grave de diabète, et dont l’état de santé nécessitait une prise en charge médicale attentive. Selon les éléments que j’ai pu consulter, son examen médical n’a pas eu lieu dans les conditions prévues. Il a ensuite fait une crise d’hypoglycémie puis un coma diabétique, qui a nécessité une hospitalisation en cours de garde à vue».
En d’autres termes, le médecin et les forces de l’ordre ont été négligents alors que le diabète – maladie chronique qui se manifeste par un excès de sucre dans le sang – peut tuer, notamment les formes les plus graves si les malades ne prennent pas leur traitement en temps et en heure. C’est ce qu’il s’est passé avec cet enfant hospitalisé en urgence. Heureusement, le pire a été évité.
De plus l’avocate a constaté que les parents du lycéen «n’avaient pas été correctement informés de sa situation», ce qui est une mise en danger de la vie d’autrui. Lorsqu’un mineur est placé en garde à vue, les représentants légaux doivent être immédiatement prévenus, et ils ont le droit de désigner un avocat. Si l’information a été mal transmise ou cachée par les policiers, les parents n’ont pas pu prévenir de l’état de santé fragile de leur enfant. C’est donc une faute grave de la police.
Les témoignages de maltraitance en garde à vue se multiplient. Par exemple Emmanuel, 16 ans, qui raconte avoir été plaqué au sol, menotté, lynché à coups de matraque et de pied, trainé par terre en sang et injurié avec des propos racistes : «Ferme ta gueule, on ne veut pas t’entendre, sale n*gre». Manelle, 17 ans, a été arrêtée chez elle par 7 policiers, devant sa mère et sa petite petite sœur de 9 ans avant d’être embarquée les mains dans le dos, pour un soupçon d’usage de fumigène, autrement dit rien de répréhensible. Maxime, 15 ans, raconte avoir passé 24 heures en cellule, sans matelas, dans les cris, uniquement parce qu’il était «habillé en noir». Un enfermement qui n’a donné lieu à aucune poursuite. Des milliers d’autres mineurs ont subi des expériences comparables.
Dans le Canard Enchainé, un commissaire explique les consignes données par le gouvernement : «Le but de la manœuvre était d’effrayer les élèves et leurs parents pour stopper au plus vite la fronde». L’État martyrise sa jeunesse et il est prêt à tuer des enfants. Le régime doit tomber.
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