
Pendant que tout le monde a les yeux rivés sur l’explosion spectaculaire de colère en France métropolitaine, les colonies françaises d’Outre-Mer continuent de se révolter. Rappelons que le mouvement lycéen avait démarré à Mayotte dès la fin du mois d’août, avant de se propager aux Antilles, puis de s’emparer de la banlieue parisienne et de tout le pays. Le 17 octobre, les flammes ont de nouveau jailli dans plusieurs territoires ultramarins.
À la Réunion, une enseigne de Mac Donalds a été incendiée à la Possession. Des feux et dégradations ont été recensés sur toute l’île, avec notamment le pillage d’un magasin d’alimentation, la façade d’une gendarmerie a Bras-Fusil visée par un départ de feu, des caméras détruites… Des barricades et des affrontements ont aussi été signalés. 18 personnes, dont des mineurs, ont été interpelées, et 11 forces de l’ordre sont déclarées blessées.

En Guadeloupe, la situation est extrêmement tendue. La population est exaspérée par le mépris de l’État, qui n’est même plus en mesure d’assurer l’accès à l’eau potable et à l’électricité sur l’île, et qui a réprimé violemment le mouvement lycéen. Des commerces ont été envahis et certains incendiés. Dans la nuit du 17 au 18 octobre, des policiers auraient été visés par des tirs d’armes à feu, le RAID et le GIGN ont été déployés. Un couvre-feu pour les mineurs a été décrété. Dans les jours précédant le 17 octobre, des ouvriers du bâtiment avaient posé d’énormes barricades sur les routes avec des engins de chantier.
En Martinique, un nouveau mouvement contre la vie chère commence ce lundi 19 octobre, dans le sillage de précédentes mobilisations particulièrement musclées contre la hausse des prix, marquées par des affrontements jusque sur l’aéroport. Cette fois-ci, le mouvement pourrait prendre la forme de blocages du port, de centres commerciaux et de ralentissement sur les routes. Des images de feux sur les voies circulent déjà sur les réseaux sociaux. Les autorités ont imposé des cours en distanciel pour les élèves.
Photos : Imaz press
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