La République enferme ses enfants en masse et les entasse dans des conditions inhumaines

Les photos d'Elsa Marcel montrent des mineurs entassés dans des cellules à Bobigny, où la République enferme ses enfants.

Les souffrances qui sont infligées à la jeunesse par ce régime sont incommensurables. Le peuple français est bien trop calme. Il est surprenant qu’il n’y ait pas encore des centaines de milliers de parents et d’enseignants qui partent à l’assaut des commissariats et des préfectures, alors que la police torture leurs élèves et leurs fils et filles sous leurs yeux depuis quasiment un mois.

L’avocate Elsa Marcel révèle qu’au dépôt de Bobigny, c’est-à-dire les cellules situées au tribunal avant d’être jugé, se trouvent ce mercredi 86 personnes dont 20 enfants entassés. «Il y a 10 matelas. Des bouteilles d’urine dans les cellules, des jeunes ados indisposées sans kit d’hygiène, des déchets partout. Il faut savoir que ce dépôt est l’un des pires endroit au monde où être enfermé».

Ces constats sont le fruit d’une visite de l’ordre des avocats, qui a rédigé un rapport suite à une visite des locaux. C’est une politique d’humiliation et de terreur. Aucun enfant ne devrait être traité ainsi. Et aucun jugé en comparution immédiate, qui est en principe une procédure accélérée très sévère pour les cas les plus graves, mais qui est appliquée sans discernement pour de jeunes manifestant·es, après un voire deux jours de garde à vue. «Ces lycéens font preuve d’une courage exceptionnel. Leurs familles aussi» souligne Elsa Marcel.

Dans le rapport des membres du conseil de l’ordre, chaque cellule est décrite et les remarques des détenu·es mineur·es sont rapportées. La visite a été faite ce matin «entre 06h20 et 07h35» afin «d’observer les conditions de détention des mineurs dans le contexte particulier du mouvement lycéen».

Certaines descriptions reviennent en boucle : le froid, les privations de sommeil, les tremblements. Certains sont blessés. D’autres doivent crier pour obtenir un accès aux toilettes. La visite de médecins, pourtant obligatoire, et encore plus quand il s’agit d’enfants, n’a pas été proposée à certains. Certaines cellules sont minuscules, et les lycéens dorment les uns sur les autres. Certains mineurs ont faim. Ce dépôt est particulièrement sordide. L’année dernière une jeune femme y a été violée par un policier.

Plus de 8.000 mineurs ont été arrêtés depuis le début du soulèvement de la jeunesse, et des milliers ont subi des gardes à vue ou des violences. Ce sont des milliers de jeunes qui auront vécu dans leur chair l’autoritarisme et la violence d’État avant même d’être adultes. Macron est en train, soit de briser toute une génération, soit d’en faire des enragé·es qui n’auront plus peur d’aucun pouvoir. Le régime pousse les curseurs de l’horreur au maximum. À nous de pousser ceux de la révolte

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