Des actes de torture et des violences sexuelles contre les membres de la flottille

Des positions douloureuses et de nombreuses marques de coups sur les corps : les membres de la flottille pour Gaza ont été torturés par l'État d'Israël.

Lundi 18 mai, la flottille humanitaire composée de dizaines de navires qui faisait route vers la bande de Gaza pour briser le blocus a été attaquée par l’armée israélienne. Des soldats lourdement armés ont accosté les embarcations dans les eaux internationales, et ont capturé tous les équipages, qui ont été enlevés vers Israël. Ce jeudi 21 mai, les 428 personnes kidnappées ont été libérées et expulsées par l’État colonial, sous la pression de la mobilisation internationale. Mais entretemps, des actes d’humiliation, des violences et des pratiques s’apparentant à de la torture ont été commises sur les détenus, pour les briser physiquement et psychologiquement, mais aussi pour envoyer un message au monde.

L’organisation de défense des droits humains Adalah explique que de nombreux militants ont rapporté de graves violences lors de leur détention. Certaines ont même été filmées et diffusées par Israël : les détenus ont été ligotés et agenouillés de force face contre terre pendant des heures, sous la menace d’armes. Le tout en présence du ministre fasciste Itamar Ben Gvir, qui agitait un drapeau d’Israël et ricanait face caméra : «Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous». Ces images ont fait le tour de la planète, et sont assumées par le régime sioniste, qui montre ainsi qu’il a tous les droits et qu’il peut afficher sa barbarie en toute impunité.

Ces positions contraintes et douloureuses se sont accompagnées de tirs de Taser, utilisés comme des armes de torture pour envoyer de nombreuses décharges électriques, d’un usages massif de balles en caoutchouc à bout portant, que certains détenus ont montré une fois libérés, exposant leurs corps couverts d’impacts, et d’autres blessures graves. Par ailleurs, plusieurs témoignages font part d’agressions sexuelles.

Les avocats d’Adalah déclarent avoir reçu un grand nombre de plaintes. Des dizaines de participants présentent de possibles fractures des côtes, accompagnées de difficultés respiratoires. Trois personnes ont été hospitalisées. Les détenus ont aussi été affamés délibérément. Sur les réseaux sociaux, le compte de la flottille dénonce «au moins 15 cas d’agressions sexuelles, y compris des viols».

La réalisatrice Australienne Juliet Lamont, membre de la Flottille, déclare : «Nous avons été torturés. 180 personnes ont été systématiquement battues et rouées de coups. Certaines ont eu des côtes cassées, ont subi des agressions sexuelles, ont été électrocutées au visage avec un Taser et ont reçu des injections de sédatifs inconnus». Elle-même dit avoir été ligotée avec des câbles, torturée par l’eau et agressée sexuellement pendant sa détention, avant d’être transférée à Ashdod. La militante estime que les détenus ont subi une «campagne de violence planifiée» visant à dissuader toute future mission de solidarité à Gaza.

Le capitaine d’un des navires a dévoilé son dos entièrement couvert de grandes ecchymoses, et souligne que les captifs non-blancs ont été traités avec plus de violence que les autres. Ömer Aslan, militant turc, raconte lors de son retour à Istanbul que «8 personnes [l’ont] frappé sans relâche pendant 27 heures». Le colombien Andrés Leonardo Castelblanco explique : «En prison, ils m’ont séparé du groupe, m’ont mis dans un conteneur, m’ont menotté, jeté au sol et frappé pendant plus de trois heures jusqu’à me causer une commotion cérébrale». Enfin, plusieurs participantes se sont vu arracher leur hijab par les agents israéliens.

Si Israël se permet d’aller aussi loin sur des ressortissants internationaux, dont de nombreux occidentaux et des personnalités connues, il faut imaginer le niveau d’horreur bien supérieur imposé, en toute opacité, aux milliers de captifs palestiniens privés de liberté, de droits et de dignité, sans procès, souvent pendant des années.

Juliet Lamont souligne néanmoins :
 «Ils nous ont brisé les os, mais ils n’ont pas brisé nos âmes. Palestine libre !»

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