Une explosion des prix puis des pénuries et des famines si nous ne stoppons pas l’écocide

Cet été, nous suffoquons dans nos domiciles transformés en bouilloires et nous regardons avec impuissance nos forêts brûler, résultats conjoints du réchauffement climatique et de l’incompétence criminelle de nos gouvernants. Pendant ce temps, les médias de masse allument des contre-feux et nous imposent de faux débats, notamment sur la climatisation.
C’est l’une des polémiques débiles qui tourne en boucle depuis le mois de juin : les écologistes auraient dénoncé l’installation de climatiseurs, et seraient donc fautifs, responsables des dommages causés par la chaleur. Ce débat est typique de l’inversion généralisée : accuser ceux qui défendent le climat d’être coupables de la crise climatique. Il s’agit de pointer de faux problèmes pour éviter de viser les vrais responsables.
La clim’ n’est qu’une fuite en avant : un climatiseur ne détruit pas la chaleur, il la déplace de l’intérieur d’un endroit fermé vers l’extérieur. Ce qui peut transformer les villes, déjà très exposées aux canicules, en véritables fours. La clim’ est un mal nécessaire pour les hôpitaux, les maternités et les EHPAD, mais dans une métropole densément peuplée, son usage généralisé peut augmenter la température extérieure de 2°C. Ce qui engendre un cercle vicieux, poussant à utiliser davantage la climatisation, en consommant toujours plus d’énergie, et donc en générant plus de pollution.
Surtout la température est un problème, mais pas le principal : on peut climatiser toutes les maisons à 20°C pendant qu’il fait 40°C à l’extérieur, cela ne fera pas magiquement pousser la végétation ni tomber la pluie : les récoltes mourront, les forêts brûleront, le bétail sera décimé, la faune et la flore sauvage vont s’éteindre, et même les infrastructures finiront par craquer. On sera bien, là, dans nos appartements frais, entourés par le désert ! Et puis, à la fin, au bout du bout, les climatiseurs aussi s’arrêteront.
Ainsi, le principal problème du chaos climatique, dans les années à venir, ce sera la nourriture. Et personne ou presque n’en parle. Ou alors pour parler des prix, mais sans analyser les conséquences cataclysmiques à long terme.
Prenons un produit de consommation courante, utilisé au quotidien par la plupart des gens : l’huile d’olive. Cet été des oliveraies ont brûlé en Grèce, en Italie et au Portugal. D’autres sont indirectement affectées par les émanations de fumée et par la sécheresse, provoquant une baisse de la production. Le bouleversement climatique favorise également la prolifération de parasites et de maladies. Résultat : le prix de l’huile d’olive, qui a déjà explosé ces dernières années, risque de monter massivement dans les mois à venir. Sarah Vachon, fondatrice du Citizens of Soil olive oil group, explique : «À moins que les conditions climatiques ne reviennent bientôt à la normale, il faut s’attendre à une augmentation du prix de l’huile d’olive dès cet automne». Et le «retour à la normale» n’est pas prévu.
L’huile d’olive n’est qu’un exemple. Les élevages ont été durement touchés par la chaleur, et le secteur de la volaille a perdu entre 2,5 et 3 millions de têtes rien que lors de la première vague de chaleur dans l’ouest. Une hécatombe qui se répercutera sur les prix. Un produit aussi banal que la salade aussi devient une denrée rare. Le Parisien explique que les producteurs ont subi des pertes massives, un maraîcher du Finistère dit n’avoir pu récolter une seule salade depuis plusieurs semaines, faute d’irrigation. Un autre cultivateur explique sur TF1 avoir perdu la moitié de sa production. Chez Carrefour, le prix d’une salade fraîche a augmenté de 50%.
Dans un bulletin du 10 juillet, le syndicat de producteurs Légumes de France, lié à la FNSEA, estimait qu’entre 25 et 30% du potentiel de récolte serait perdu. Cette chute de la production atteint 30% des récoltes de fraises, 20 à 30% des carottes, y compris pour les productions d’automne car les semis ont brûlé, 50% des poireaux de printemps, 20 à 30% en navets, 30 à 40% des pois et haricots. Et ce n’est qu’un bilan provisoire, ce bulletin date d’il y a un mois, et il n’a toujours quasiment pas plu une goutte sur la majorité des terres cultivables françaises. D’autres légumes de base, comme les oignons, sont aussi concernés. Les vignes sont aussi touchées, ce qui se répercutera sur le prix du vin dès cet automne.
Dans son bilan climatique du mois de juillet, Météo France résume en un graphique la catastrophe en cours : alors qu’au mois de février la métropole battait un record d’humidification des sols, c’est désormais un record de sécheresse cinq mois plus tard. La bétonisation du monde favorise l’écoulement de l’eau tandis que la chaleur d’été provoque une évaporation massive, le sol a de plus en plus de difficultés à rester vivant.

Dans le confort de nos sociétés occidentales, nous n’avons connu que la nourriture abondante. Certes, il y a la malbouffe, les pesticides, l’absence de produits de qualité pour les plus pauvres, mais presque plus personne n’a faim. Nous avons oublié que les générations qui ont connu les guerres, et toutes celles avant nous, ont connu les rationnements, la peur de manquer et la famine. Le chaos climatique promet de nous renvoyer à ces époques de cauchemar. Les marchands de pétrole, eux, auront assez d’argent pour manger.
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