Faillite du néolibéralisme : le chômage continue d’augmenter


Ils ont versé plus de 200 milliards aux patrons pour les «aider» à embaucher, baissé les allocations chômage, cassé le code du travail, mais les licenciements continuent


Emmanuel Macron enchaînant les promesses, alors que ses mesures augmentent le chômage et les inégalités.

Un chômage qui explose

À rebours des promesses des deux quinquennats de Macron, le taux de chômage vient de dépasser la barre des 8,3%, le plus haut niveau depuis la crise du Covid. Pourtant, depuis 9 ans, les ministres se succèdent pour vanter les mérites de la «Start-Up Nation» qui devait permettre d’atteindre le «plein-emploi» à grands coups de réformes néolibérales.

Sur cette période, nous avons subi deux réformes des retraites, quatre réformes du chômage, trois du code du travail… Autant de saignées sociales qui devaient «aider les patrons à recruter» et «faciliter le retour à l’emploi». En gros, le deal macroniste c’était de faire souffrir les pauvres et d’être très gentil avec les riches, ce qui provoquerait magiquement la fin du chômage. Pour quoi au final ?

Les chiffres du chômage publiés par l’INSEE début août atteignent le plus haut niveau depuis le Covid, à l’époque où toute l’économie était paralysée. Le taux de chômage dépasse désormais 8,3%, en augmentation de plus d’un point sur un an. C’est la sixième hausse consécutive. Macron avait fixé comme objectif de ramener le chômage sous la barre des 5%, c’était même l’une de ses annonces de campagne pour sa réélection en 2022. À l’approche des présidentielles, on est décidément bien loin du compte.

Quand le libéralisme se fout de ses promesses

Parmi les mesures pour «rétablir le plein emploi», Macron a attaqué les règles de l’assurance chômage à plusieurs reprises. Par exemple, le 1er février 2023, la durée d’indemnisation des chômeurs a été réduite de 25% par décret. Il s’agissait là d’un vol pur et simple : tous les travailleurs sont taxés, la richesse qu’ils produisent est prélevée par l’État pour, ensuite, leur permettre de toucher cet argent en cas de perte d’emploi. L’indemnisation chômage n’est pas un «cadeau» : c’est une restitution, une sécurité. C’est du salaire différé. En baissant massivement – d’un quart ! – cette indemnisation sans aucune contrepartie, c’est tout simplement un braquage de l’argent des travailleurs et travailleuses.

Autre mesure : la réforme du RSA. 1,8 millions de personnes doivent justifier de 15h d’activité hebdomadaire ou perdre leur filet de sécurité de quelques centaines d’euros mensuels pour ne pas sombrer dans la pauvreté extrême. Cette réforme du RSA ne dégage quasiment pas d’économie, c’est juste une manière de punir toujours plus les précaires.

Enfin l’État français verse plus de 200 milliards d’euros par an d’aides publiques aux entreprises sans aucune contrepartie et n’a toujours pas rétabli l’ISF. Des subventions, allégements fiscaux et autres cadeaux sensés «inciter» les patrons à recruter. Après plusieurs années et des centaines de milliards dépensés, on connaît le résultat : masser le «renflement brun» – selon les mots du grand littéraire Bruno Le Maire – des plus riches ne les rend pas plus généreux. Avec une somme aussi astronomique – cela fait plus de 2000 milliards en 10 années de Macron – il y avait largement de quoi fournir des emplois utiles socialement pour tout le monde ou de financer un revenu garanti universel.

Des chiffres truqués

Pour autant, le pourcentage du chômage est déjà l’arbre qui cache la forêt. Les chiffres sont largement trafiqués pour invisibiliser les radiations, avec le durcissement des règles de Pôle Emploi qui avait permis de faire baisser artificiellement le nombre officiel de chômeur·ses. Ensuite, le nombre d’emplois est une chose, la qualité des emplois en est une autre. Et sous Macron, les boulots précaires, les temps partiels imposés, les contrats courts et «l’auto-entrepreneuriat», qui est une forme d’auto-exploitation, ont explosé. Autrement dit, le président promettait de mettre tout le monde au travail si on acceptait la précarité. Nous avons la précarité généralisée ET le chômage. Et le pire, c’est que la dette a également explosé, malgré des coupes massives dans les services publics : l’argent «économisé» a tout simplement été redistribué aux chefs d’entreprises, à l’armée et à la police.

Sur France Info, le ministre du travail Jean-Pierre Farandou se contente de dire que «ce n’est pas une surprise», que c’est de la faute de la «conjoncture économique qui n’est guère favorable». Pourtant le gouvernement de gauche en Espagne, qui a augmenté les salaires minimums, ne connaît pas du tout les mêmes problèmes, et l’économie espagnole se porte bien mieux que la française. Lors de la précédente hausse du chômage, ce farceur de Farandou parlait déjà d’un «petit dérapage» et accusait déjà la «crise géopolitique».

Quand le chômage et la pauvreté tuent

Une équipe de chercheurs a évalué le lien entre chômage et risques cardiovasculaires en France. Les résultats sont clairs : la condition sociale induite par le chômage accroît d’environ 30% la mortalité prématurée. Une autre étude estimait il y a déjà plusieurs années que 14.000 décès par an, en France, sont liés au chômage. Ces politiques tuent.

Derrière le chômage, ce sont les chiffres de la pauvreté qui comptent, et ils sont alarmants : augmentation des personnes sous le seuil de pauvreté, des enfants qui se privent de repas, de sans-abris. Quand ils parlent d’emploi, les néolibéraux promettent en réalité la pleine exploitation : tout le monde au travail, mais dans des jobs précaires, inutiles, destructeurs. Pas question.

Nos dirigeants ont menti sur les comptes publics, tout pillé, tout dévasté, et en plus ils créent du malheur. Cette grande escroquerie permettra-t-elle de poser les vraies questions ? À quand l’abolition du salariat et l’attribution de moyens d’existence dignes pour tout le monde, sans aliénation ?

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