Au Liban : Israël accélère le nettoyage ethnique et la conquête de territoires


Une explosion gigantesque provoque un tremblement de terre, 4.000 morts depuis la « trève », les USA envoient 40.000 bombes supplémentaires à Israël


En haut : un brasier déclenché par Israël au Liban.
En bas : des bombes étasuniennes prêtes à partir pour l'État colonial.

Depuis les premières frappes coordonnées entre Israël et les États-Unis sur l’Iran, l’État sioniste accélère la destruction méthodique du sud du Liban afin de créer, sur le territoire libanais et en toute illégalité, une «zone tampon» de plus de 700 km². Cela représente 7% de la surface totale du pays du cèdre. Proportionnellement, c’est comme si un pays voisin de la France annexait une région plus grande que la Bretagne, selon son bon vouloir, et en rasant tout ce qui s’y trouve.

Afin d’arriver à ses fins, l’armée coloniale fait exploser des pans entiers de montagne et efface de la carte tous les villages qui, de près ou de loin, représentent «une menace» pour eux. Du moins, c’est la justification apportée par l’armée la plus morale du monde, nous n’oserions y émettre le moindre doute.

Ce jeudi 10 septembre, l’armée Israélienne s’est filmée en train de faire exploser plus de 1.100 tonnes d’explosifs dans la colline d’Ali Taher et à sa surface. C’est la même échelle de grandeur que l’explosion subie par la capitale libanaise en 2020, lorsque 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium avait détruit Beyrouth. Cette dernière avait provoqué l’effroi partout dans le monde et faisait la Une de tous les médias. Aujourd’hui, quand c’est Israël qui appuie sur le détonateur, seul un silence l’accompagne.

Le prétexte principal pour défigurer cette colline est la présence de galeries qui seraient utilisées par le Hezbollah. Or, cette entreprise de destruction des tunnels a provoqué un séisme de magnitude 4,1 dont l’épicentre est un petit village du Liban qui n’existe plus aujourd’hui. Rappelons également que cette destruction méthodique n’est pas un cas isolé, et que des dizaines de vidéos filmées par Tsahal montrent comment sont réalisés ces dynamitages : certaines images montrent directement un soldat israélien avec l’interrupteur, rendant hommage à un autre soldat de son régiment. La vie d’un colon vaut bien la peine qu’on détruise des milliers d’années d’histoires et de vies, ainsi que des millions de souvenirs.

Ces méthodes s’apparentent à trois crimes de guerre : le domicide, soit la destruction systématique des habitations afin de causer d’énormes souffrances aux victimes et les pousser à partir. Également l’urbicide, sur une échelle plus grande, c’est-à-dire la destruction d’une ville ou d’un milieu urbain. Et pour finir, l’écocide en détruisant un milieu environnemental.

Cet écocide est documenté par le président de l’association Green Southerners Hicham Younes dans les colonnes de Reporterre : «Nous avons documenté comment des soldats israéliens ont mis le feu de manière délibérée au couvert végétal en répandant de l’essence, en utilisant des drones ou des fusées éclairantes en plein jour, ou même en utilisant un trébuchet médiéval pour projeter des matériaux incendiaires par-delà la frontière». Dans cet article, on apprend également que, depuis 2023, 16.000 hectares de forêt sont partis en fumée. La sécheresse n’est responsable que de 10% à 15% des incendies de 2026 au Liban. Le glyphosate, pesticide hautement cancérigène, et le phosphore blanc, arme de guerre illégale, sont combinés pour rendre les végétations encore plus inflammables.

Depuis 2023, les dégâts causés par Israël chez son voisin du nord sont estimés à plus de 27 milliards de dollars selon le premier ministre Nawaf Salam, dans un pays déjà plongé dans une crise de système profonde et gangréné par la corruption. Depuis mars 2026, les attaques israéliennes au Liban ont fait plus de 4.300 morts, selon le ministère libanais de la Santé, alors qu’un cessez-le-feu est officiellement en vigueur depuis le 17 avril. Israël ne l’a jamais respecté. À présent, les ministres génocidaires ne cachent plus leurs rêves d’installation de colonies dans le sud du Liban.

Face à cela, que fait la communauté internationale ? Rien. Elle laisse un État militarisé et messianique accomplir dans le sang des prophéties religieuses obscurantistes. Pire, le «Washington Post» et le «New York Times» révèlent que les USA sont en train d’approuver la livraison d’au moins 40.000 munitions vers Israël, pour un total de 2,8 milliards de dollars, financés par les contribuables étasuniens. Cette cargaison comprend 20.000 bombes MK-84, pesant près d’une tonne, qui sont parmi les plus puissantes de l’arsenal militaire des USA. Ces énormes bombes peuvent raser un quartier, vaporiser tout être vivant sur des dizaines de mètres, et projeter des éclats mortels jusqu’à 370 mètres du point d’impact. Ces armes sont actuellement utilisées à Gaza et au Liban, et avec une telle quantité le massacre risque de s’intensifier.

Sommes-nous train d’assister à la colonisation d’une partie du Liban par la «seule démocratie du Moyen-Orient» ? C’est malheureusement probable.

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