En Allemagne, le néo-nazisme progresse de manière fulgurante dans les urnes et le gouvernement prépare la guerre, mais la jeunesse n’a pas dit son dernier mot. Le mouvement antimilitariste prend de l’ampleur Outre-Rhin, avec une nouvelle grève très suivie ce vendredi 25 septembre dans les établissements scolaires de plus de 100 villes. Lycéen·nes et étudiant·es ont défilé en masse contre la perspective du retour du service militaire obligatoire, réunissant plus de 45.000 manifestant·es selon diverses sources. À Hambourg, une banderole annonçait : «Nous ne participerons pas à vos guerres».
Au petit matin, un blocage a eu lieu sur une ligne ferroviaire près du port de cette grande métropole industrielle, pour empêcher le transport de matériel militaire et la logistique d’un entraînement militaire baptisé «Red Storm Charlie». Organisé par des dizaines d’écologistes, une banderole posée sur les rails proclamait : «Il n’y a pas de justice climatique dans un monde militarisé».
Ce qui a de nouveau mis le feu aux poudres est l’envoi de convocations officielles, par le Ministère des armées, à plusieurs jeunes de Kiel et Flensburg, des villes du nord du pays, en vue d’examens médicaux. Depuis la nouvelle loi sur le service militaire, les hommes de 18 ans se retrouvent dans l’obligation de passer un test médical pour évaluer leur aptitude… Pour un éventuel service militaire et un enrôlement. Le texte est entré en vigueur le 1er janvier 2026.
Alors que le service militaire est censé être volontaire, c’est le spectre du retour de la conscription qui est à l’ordre du jour. Les manifestant·es craignent que le gouvernement ne prépare un retour progressif du service militaire obligatoire.
Le porte-parole du ministère de la Défense a déclaré «que depuis juillet, environ 1000 hommes de 18 ans, qui n’ont montré aucun intérêt pour l’armée, ont eu l’examen médical». Les autorités allemandes prévoient-elles un enrôlement forcé de la jeunesse, alors que l’opinion reste largement réfractaire à la question militaire et à la guerre ? C’est la question qui est posée par les mobilisations.
La coalition gouvernementale du chancelier Friedrich Merz veut doter le pays de «l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe», avec un budget militaire de l’ordre de 82 milliards d’euros pour la seule année 2026, encore plus élevé que celui de la France. Et malgré les grands moyens déployés par l’armée envers les jeunes allemand·es pour les inciter à s’engager en uniforme, une majorité a encore trop de dignité et de connaissances historiques pour participer à l’effort de guerre. Cette légitime défiance envers le militarisme explique sûrement l’offensive du ministre de la Défense, Boris Pistorius, issu des rangs du SPD, la gauche néolibérale.
Quoi qu’il en soit, l’Allemagne voit un mouvement antimilitariste qui monte en puissance, capable de contrer les velléités belliqueuses de leurs dirigeants. En décembre 2025 et en mars 2026, des dizaines de milliers de lycéen·nes descendaient déjà dans la rue dans le cadre de journées de mobilisation nationale contre la militarisation. Des actions ciblent régulièrement les usines du complexe militaro-industriel allemand. Le jeudi 3 septembre, au moins 200 manifestant·es bloquaient pendant plusieurs heures le centre de recrutement de la caserne Lüttich à Cologne.
Il faut savoir que la CDU au pouvoir et l’AfD, parti néonazi, sont deux faces d’une même pièce, souhaitant le retour de la conscription et une Allemagne au garde à vous et en uniforme. Les manifestant·es promettaient de «faire grève jusqu’à ce que le service militaire obligatoire soit hors de la table». Une mobilisation inspirante, alors que dans les lycées et universités françaises, l’antimilitarisme réapparaît aussi peu à peu.
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