«J’étais triste et je me suis senti victime d’une injustice» déplore ce pèlerin palestinien après avoir été interpellé à Lourdes

Jésus était un révolutionnaire antimilitariste en terre de Palestine, mais en France seule la répression est parole d’Évangile. La visite du Pape Léon XIV en France a été abondamment commentée comme un moment de «communion» et de paix, mais par pour tout le monde.
Samedi 26 septembre 2026, un homme né à Ramallah, en Cisjordanie, de confession catholique et professeur de français, décide de brandir un drapeau palestinien lors du passage du Pape qui devait se présenter à la Grotte, près de l’entrée du sanctuaire à Lourdes. À peine déployé, des policiers se jettent sur lui et sa compagne française, puis le placent en garde à vue pendant 37 heures.
«Je voulais juste que le Pape voit mon drapeau et prie pour mon pays […] Je voulais juste représenter les chrétiens de mon pays et prier avec le pape pour l’espoir, pour la paix et pour la justice. Et je voulais que ma famille et mes amis soient fiers qu’un Palestinien soit allé en pèlerinage pour rencontrer le pape» explique t-il au quotidien La Dépêche. Lors de son arrestation, sa compagne raconte avoir entendu plusieurs fois le mot «terrorisme». Une accusation entourant désormais toutes les personnes qui expriment leur solidarité avec la Palestine.
En garde à vue, lors de l’interrogatoire, les agents lui annoncent qu’il est sous OQTF – obligation de quitter le territoire – alors que celui-ci étudie à l’Université de Montpellier. Ce pèlerin est inscrit en master en langues étrangères appliquées. À sa sortie, l‘OQTF est finalement annulée, mais l’angoisse d’être expulsé pour avoir simplement voulu montrer le drapeau d’un peuple victime de génocide laissera des traces.
Il est possible que Léon XIV lui-même, qui est connu pour ses prises de positions dénonçant les horreurs commises en Palestine, aurait fustigé la police s’il avait été témoin de l’arrestation.
Le 17 septembre dernier, place Saint-Pierre au Vatican, le souverain pontife déclarait : «J’exprime ma profonde solidarité avec le peuple palestinien à Gaza, qui continue de vivre dans la peur et de survivre dans des conditions inacceptables, contraint une fois de plus par la force de quitter ses terres». En août 2026, le pape soulignait que la violence qui continue contre la population palestinienne en Cisjordanie devait cesser. En novembre 2025, en plein vol entre la Turquie et le Liban, le Pape, prenait une nouvelle position en faveur de la création d’un État Palestinien. Deux mois plus tôt, il dénonçait la politique israélienne de nettoyage ethnique.
Son prédécesseur n’hésitait pas à prendre position non plus. Le pape François, dans sa dernière allocution publique, depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, avait dénoncé la «situation humanitaire dramatique et ignoble» à Gaza. Le 20 décembre 2024, il condamnait la «cruauté» de l’armée israélienne, qui venait de tuer sept enfants d’une même famille palestinienne à Gaza. Deux semaine avant, François inaugurait au Vatican une crèche fabriquée à Bethléem, ville palestinienne de naissance du Christ, avec une représentation de l’enfant Jésus enveloppée dans un keffieh. Ce foulard palestinien noir et blanc est un symbole mondialement connu de la résistance contre le colonialisme israélien. En novembre 2024, un livre du Pape appelait la communauté internationale à «étudier» les accusations de «génocide» contre Israël, et critiquait les bombardements au Liban.
Le prophète de l’église chrétienne était un palestinien assassiné par un État impérialiste, Rome, qui semait la guerre et écrasait les peuples parce qu’il diffusait des idées subversives. Ce pèlerin palestinien s’inscrivait dans cette filiation lorsqu’il a déployé le drapeau de sa nation en communiant avec le Pape. Mais les policiers ne réfléchissent guère : la cause palestinienne est interdite en France. Et si Léon XIV ne jouissait pas d’un statut d’intouchable, les autorités française l’auraient-elles, lui aussi, envoyé croupir dans leurs geôles ?
SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !
Les cryptos-fascistes de la Big Tech peuvent supprimer Contre Attaque des réseaux « sociaux » du jour au lendemain, d’un simple clic. Pour renforcer l’autonomie des médias révolutionnaires, il est urgent de se doter de moyens de diffusion indépendants. Tous les 15 jours, recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque !



