En Guadeloupe, les blocages ont déjà commencé


Des barricades énormes faites de roches, de blocs de béton, pneus et autres obstacles déposés sur toute la largeur de routes, et sur près de deux mètres de hauteur. Ce sont les barricades extrêmement sérieuses qui apparaissent en Guadeloupe depuis le 14 octobre.


En Guadeloupe, des barricades gigantesques bloquent les principaux axes routiers.

Comme pour la mobilisation lycéenne, les blocages ont commencé dans les colonies d’Outre-mer avant de démarrer en métropole. C’est à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, que des ouvriers ont utilisé des engins de chantier pour construire ces tas et ont ainsi bloqué la principale zone industrielle de Jarry, située dans la commune de Baie-Mahault. Elle couvre une superficie de 1000 hectares et concentre plus de 3500 entreprises et 15.000 emplois. Imaginons des tractopelles conduits par des travailleurs en colère, qui barricaderaient ainsi les ports, dépôts et zones de production de Saint-Nazaire, du Havre, de Marseille ou de région parisienne par exemple. Le gouvernement se mettrait à parler poliment.

Ces actions sont revendiquées par le collectif Nou Las Palé, soit en créole : «Nous en avons marre de parler», une manière de réclamer des actes plutôt que des promesses. Ce groupe utilise aussi le mot d’ordre «On bloque tout», pour dénoncer le coût de la vie.

Les autorités ont fait déblayer les premières barricades avec des machines, mais d’autres barrages ont poussé le 15 octobre. Un visuel diffusé par l’application de trafic Routanou signalait une douzaine de routes bloquées et des feux, et de nombreux magasins étaient fermés.

La colère est aussi tournée contre le préfet de Guadeloupe, qui avait méprisé publiquement des pêcheurs qui lui parlaient créole, dans une attitude toute coloniale, mais également contre la répression du mouvement lycéen : une adolescente a reçu un tir de LBD dans la tête récemment. De leur côté, les représentants officiels accusent le président de la fédération régionale du BTP. La Fédération française du bâtiment lui a demandé de démissionner.

Ces méthodes sont inspirantes : de tels blocages en métropole sur les flux stratégiques mettraient à l’arrêt l’économie et feraient plier le pouvoir en quelques jours.

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