Bilan de la journée en France à 19H30

Ce samedi est une journée historique, insurrectionnelle, incroyable. Qui aurait imaginé un tel soulèvement en pleine campagne présidentielle, dans un pays éteint par 10 ans de macronisme, surgie grâce à une une jeunesse héroïque ?
Sur tous les plans, ce samedi 17 octobre rivalise voire dépasse en intensité les actes les plus renversants des Gilets jaunes. Partout en France, ou presque, la situation est hors de contrôle. Hier le gouvernement disait tranquillement qu’il s’attendait à 100.000 personnes dans la rue : il y en au minimum 10 fois plus. Mais c’est surtout le nombre d’actions qui impressionne. Tour de France :
- Paris : des centaines de milliers de personnes dans les rues, des cortèges innombrables, certains calmes, d’autres enragés. Les 5.000 policiers déployés dans la capitale n’ont pas suffi à discipliner la population. En attaquant le point de rendez-vous initial Place de la République, l’État a énervé tout le monde. Des heures d’affrontements sur la place, une police qui a du battre en retraite, et des défilés sauvages dans tout Paris : barricades par centaines, voitures en feu, enseignes capitalistes attaquées, zones emblématiques et surprotégés, comme la place Vendôme, envahies. Des cheminées jetées depuis les toits.
À l’heure où ces lignes sont écrites, des milliers de personnes se trouvent dans le quartier de l’Élysée et installent des barricades. Des renforts policiers convergent vers la capitale.
- Marseille : affrontements depuis 9 heures du matin, police mise en échec, envahissement de la mairie, attaques de deux commissariats, innombrables magasins réquisitionnés pour mettre en commun les produits.
- Bordeaux : le palais de la Bourse saccagé, nombreux feux, la résidence privée de la préfète incendiée. Un véhicule lourd des CRS prend feu. Le RAID est déployé ce soir.
- Nantes : une foule rarement vue qui subit une agression policière dès le départ de la manifestation. Cela provoque plusieurs heures d’émeute. Les forces de l’ordre reculent à plusieurs reprises, les axes interdits par la préfecture sont tous repris. La gare est vandalisée, la FNAC envahie, plusieurs magasins réquisitionnés. Des barricades partout. Affrontements toujours en cours ce soir, les blindés déployés.
- Rennes : après de gros blocages matinaux et une manifestation énorme, au moins 20 barricades recensées par les autorités. Matériel de chantier pour barrer les rues. Nombreux affrontements, un centre commercial pillé et les galeries Lafayette dévastées.
- Caen : le commissariat et la mairie attaqués. Nombreux feux. Un engin de chantier a été utilisé pour forcer la grille de la police municipale et détruire des véhicules.
- Strasbourg : situation insurrectionnelle, affrontements partout, des cortèges sauvages prennent les rues, les forces de l’ordre sont débordées.
- Angers : la mairie attaquée, la gare envahie, la rocade bloquée. Affrontements pendant plusieurs heures.
- Clermont : ici comme ailleurs, la police gaze dès le départ. Résultat : grosses barricades enflammées et vitrines cassées, au cours de plusieurs heures d’affrontements. Un centre commercial pris d’assaut.
- Montpellier : la gare a été envahie et un gros feu allumé près des voies.
- Orléans : la préfecture attaquée par des centaines de personnes, la police appelle en urgence des renforts de la réserve.
- Lyon : explosion de colère, grosses confrontations, l’office du touriste incendié. Parmi les enseignes visées, le magasin Hugo Boss a été brulé dans le cœur bourgeois de la ville.
- Brest : une «bataille rangée» selon la presse, une rue dépavée pour attaquer le commissariat dans lequel se sont repliés les policiers.
- Avignon : intrusion dans la cour de la préfecture du Vaucluse.
- Lille : une vidéo montre des manifestants entrer dans la mairie, agitation généralisée. Le cinéma Majestic en proie aux flammes.
- Tours : blocage de l’autoroute A10 dans les deux sens. Les gendarmes pris à partie au moment d’intervenir, et le véhicule du commandant dégradée. Un militaire se plaint: «Ils ont essayé de rentrer dans la voiture», explique l’un d’eux, exaspéré. Une station-service dégradée a dû fermer.
- Grenoble : voitures retournées et brûlées, gros dégâts sur des banques, la mairie dégradée. Le rectorat saccagé.
- Saint-Nazaire : affrontements devant la gare de Saint-Nazaire puis dans le centre commercial du Ruban bleu. Manifestations du matin jusqu’à la soirée.
- Niort : barricades enflammées.
- Chambéry : la voie rapide urbaine envahie.
- Nice : des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre sur l’avenue Jean Médecin.
- Toulon : le tunnel de l’A50 bloqué dans les deux sens.
- Limoges : deux voitures de police brûlées lors d’un blocage. La mairie incendiée ce soir.
- Reims : l’autoroute A344 est bloquée par près de 1000 manifestants.
- Annecy : incendie devant le tribunal.
- Besançon : barricades enflammées dans la rue de la préfecture et commerces attaqués.
Selon un éditorialiste de Valeurs Actuelles, une «source policière» lui confie ce soir : «La situation est hors de contrôle à Paris. Des collègues commencent à être juste au niveau munitions. Il y a des cortèges sauvages dans tous les sens. On court partout et on recule beaucoup». La nuit s’annonce bouillante, et ce n’est qu’un début.
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