La révolution repart de la Place Louis XVI : quelques fragments aperçus par notre équipe lors de la journée folle du 17 octobre à Nantes.
- 50.000 personnes. Trois cortèges qui convergent. Une foule monstre, qui déborde de partout. Une masse à perte de vue, compacte, digne des plus grandes mobilisation contre la réforme des retraites. Sauf qu’ici il n’y a pas de grève ni d’appels officiels. C’est 5 fois plus que les plus grosses dates de Gilets jaunes dans la ville. En clair : tout Nantes est dans la rue.
- Un cortège joyeux, festif, coloré, créatif, constellé d’une véritable marée de pancartes, et majoritairement jeune.
- Un tracteur paysan qui déborde de passagers, un camion sono qui accompagne les affrontements et des banderoles.
- Plusieurs heures d’émeute, qui démarrent de la place Louis XVI, sous la colonne en hommage au roi décapité, puis se déplacent sur la place du Commerce. Des cortèges spontanés qui se déversent sur toutes les places, jusqu’au cœur des quartiers bourgeois. La jeunesse héroïque qui résiste aux agressions policières, fait reculer la BAC et les compagnies de CRS à de nombreuses reprises. Plusieurs agents au sol, des colonnes de camions qui fuient.
- Un dispositif policier complètement débordé, multiplication de cortèges sauvages et offensif, les rues interdites sont reprises, des barricades en flammes, des enseignes capitalises ciblées, les marchandises redistribués.
- La gare envahie, la circulation ferroviaire arrêtée, la façade de la mairie totalement dévastée dans la soirée.
- Deux blindés de la gendarmerie déployés, qui tirent à pleine puissance des grenades explosives.
- Des feux d’artifice qui répondent aux grenades mutilantes jusqu’au milieu de la nuit. À Nantes comme dans d’autres métropoles, la police a perdu le terrain. Et maintenant ? Le vertige, la situation est pré-révolutionnaire.
Photos : Oli Mouazan, Rartefact, Marina F., Estelle Ruiz, James C.
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