À Marseille : des tifos contre le racisme dans les tribunes

Ce dimanche 1er mars, le stade Vélodrome à Marseille accueillait un match entre l’OM et l’équipe de Lyon. Un duel qui n’est pas que footballistique, puisque les supporters marseillais sont réputés pour leur engagement antiraciste alors que les tribunes lyonnaises sont gangrenées par les fascistes.

Ce soir du 1er amrs, les ultras marseillais des South Winners 87 et de Marseille Trop Puissant ont fait très fort, en déployant plusieurs tifos contre le racisme. Un premier est dédié à Ibrahim Ali, avec le message : «31 ans après, Marseille ne t’oublie pas» et le logo de l’antifascisme.

Le 21 février 1995, des colleurs du Front National avaient tiré sur des adolescents racisés à Marseille. Ils avaient assassiné par balle Ibrahim Ali, 17 ans. Ce crime avait fait grand bruit, et suscité de nombreuses mobilisations, en particulier à Marseille.

Dans les tribunes du stade, les noms de victimes de crimes haineux ou fascistes ont aussi été déployés : Clément Méric, Angela Rostas, Federico Aramburú et Ilan Halimi, en plus de celui d’Ibrahim Ali.

Enfin, des supporters ont formé les lettres «anti-Gones», les gones étant le surnom des jeunes lyonnais, un terme repris par les supporters de la ville et désormais associé à l’extrême droite.

En août dernier, un grand tifo déployé au vélodrome proclamait «Free Gaza» et «Stop génocide, libérez le peuple palestinien», avec une image d’enfants affamés. En 2022, lors d’un match contre l’Olympique Lyonnais déjà, les supporters de l’OM avaient créé un tifo massif : «ANTIFA», en lettres majuscules, pour rappeler les valeurs de la tribune.

Le football n’est pas qu’une arène dépolitisée et marchande, il est travaillé par des rapports de force, des mobilisations et des répressions. Et si l’extrême droite tente de s’implanter dans certaines tribunes, des groupes de supporters sont parfois en pointe dans les combats pour le foot populaire, contre les violences policières, le racisme, ou encore lors des insurrections du monde arabe à partir de 2011. Les ultras marseillais nous le rappellent avec talent et résistent à la fascisation ambiante.

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