Racisme d’État et journalisme de préfecture


Grande colère contre ces lâches et ces sous-fifres de journalistes aux Ordres


Alors même que des milliers de lycéen-ne-s trouvaient la force d’affronter la pensée dominante raciste, les menaces des flics et autres proviseurs en nous offrant à tous une leçon de solidarité et défilaient contre les expulsions et le racisme d’État, le Parti Socialiste continuait d’expulser.

Oui, une rafle massive avait lieu à quelques arrondissements des manifestations lycéennes en train de défiler. Valls avait donné l’ordre à ses sales flics de quadriller Barbès : provocation ultime, méprisable, lâche. À l’image des socialos.

Cette information aurait pu enflammer l’opinion -ou du moins soulever les compagnon-ne-s- alors que les pratiques xénophobes du PS étaient précisément sous le feu des projecteurs. Si seulement l’information de cette énième rafle n’avait pas été étouffée.

Quel média a fait écho de cette rafle ? Qui a entendu parler de cette nouvelle provocation policière ?

Personne, ou si peu. Car les valeureux Médiacrates (de BFM TV au Nouvel Observateur) étaient bien trop occupés … à salir les expulsés : Léonarda, sa famille, et à essayer de discréditer la mobilisation des lycéen-ne-s solidaires.

On entre alors dans la grande spirale du spectacle : scénario, voyeurisme, rebondissements en temps réel, le tout mis en scène façon prime-time jusqu’à l’indigestion. Les médias mortifères créent des martyrs pour mieux les annihiler ensuite.

Ces vautours aux Ordres se sont procurés toute une documentation sur la famille expulsée pour la salir, décrivant passer son père comme un menteur, un délinquant. Ces petits procureurs ont constitué un dossier à charge contre la famille de Léonarda pour voler au secours du pouvoir !

En plus d’être courageux, nos journalistes sont des gens formidables : jamais ils n’enquêtent sérieusement sur les puissants, les flics violents, les décideurs… mais dans le cas de Léonarda, ils sont allé jusqu’à retrouver les bulletins scolaires d’un gamine pour montrer à quel point elle avait loupé ses cours (mon dieu ! Quel crime ! ).

Comme si le mensonge d’un père ou l’absentéisme d’une lycéenne pouvait justifier l’expulsion d’une famille !

Prenons ces médias au mot : si un mensonge justifie une expulsion, qu’on dégage l’ensemble de la classe politique au plus vite !

La Doxa raciste est alors répandue en boucle par les médias (y compris ceux de « gauche ») : les victimes deviennent les accusées, elles doivent se justifier, se défendre face à la double peine : expulsion et accusations par le Tribunal médiatique.

Les mêmes éditorialistes parisiens -dont le courage ferait pâlir Maurice Papon ou Bernard Kouchner- volent systématiquement au secours des patrons richissimes « harcelés par les impôts », d’un Bijoutier cow-boy qui abat un jeune en lui tirant dans le dos, et des nervis homophobes de la manif pour tous (et bien d’autres) mais déploient des efforts colossaux pour détruire une famille démunie et sans papier.

Frapper sur les faibles, défendre les forts : tel est leur crédo, constamment renouvelé.

Les médiacrates paternalistes ont tout fait pour saper la mobilisation lycéenne spontanée et offensive : les jeunes seraient « ignorants », se mobiliseraient pour « sécher les cours (et alors ? Tant mieux !), n’auraient pas de conscience politique et encore moins le droit de se révolter. En substance : « Jeune, tais toi (et attends de pouvoir voter) ».

Les journalistes et autres « faiseurs d’opinion » ne peuvent concevoir les dynamiques de courage, solidarité, de résistance : ces chiens de garde doivent penser que tout le monde est aussi lâche qu’eux.

Les caniches cathodiques qui parlent « d’affaire Léonarda » font semblant d’avoir oublié que la mobilisation parisienne a commencé à naître après l’expulsion de Khatchik, lycéen arménien ligoté et baillonné par la police française dans l’avion qui l’expulsait, puis emprisonné à son arrivée, et qui risque d’être enrôlé de force dans l’armée.

Pourquoi en entend-on si peu parler ? Les médias n’ont pas trouvé assez d’éléments à charge pour le salir lui aussi ?

Toutes leurs « enquêtes », « analyses » et autres sondages (financés par qui ?) pour salir la famille expulsée ne s’intéressent qu’au cas particulier de la collégienne, alors qu’il s’agit précisément d’une explosion spontanée contre des années de racisme d’État, de harcèlement des pauvres et des étranger-e-s avec ou sans papiers.

Que crève le racisme d’État et ses promoteurs socialistes.

Honte à vous, journalistes aux Ordres : votre règne finira.

Solidarité.

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