Presse Océan, partenaire officiel de la police nationale


Entre mythomanie et fantasme militariste, Presse Océan présente la BAC nantaise


Il y a quelques jours, Ouest-France faisait sa Une sur l’humour de la police nantaise sur Twitter, Presse-Océan reprend immédiatement le flambeau avec un reportage promotionnel pour la Brigade Anti Criminalité : Nantes Reportage à bord de la “Bac 10”.

La journaliste Anne-Hélène Faurisson… hem… Dorisson, signe ce 7 octobre un nouvel article tout simplement hallucinant sur la Brigade Anti Criminalité nantaise.

Entre mythomanie pure et simple et fantasme militariste sur les armes de la police “Flash-ball, bombe lacrymogène, gilets […] le Sig Sauer à la ceinture”, Anne-Hélène passe sa journée avec des flics de la “BAC 10” – qu’elle appelle par leurs prénoms – , entre harcèlement dans les quartiers et interpellations bidons.

Morceaux choisis :

  • “À quelques mètres de là, près d’un arrêt de bus, deux jeunes gens affichent un comportement jugé «suspect»”

La plumitive ne reviendra pas par la suite sur ces “jeunes suspects”. La solide déontologie d’Anne-Hélène l’empêche visiblement de définir ce qu’est un comportement “suspect” pour la BAC. Discuter “près d’un arrêt de bus” ? Vivre “près du quartier Plaisance” ? Être arabe ou noir ?

  • “Christophe appuie sur l’accélérateur. Conduite (très) sportive en vue. Virages serrés. Mieux vaut s’accrocher.”

Anne-Hélène s’encanaille, elle est rendue fébrile par la conduite virile de ses amis policiers. Au-delà de l’obscénité du propos, comment ne pas penser à toutes les vies volées ou abîmées ces dernières années par des policiers se croyant tout permis qui roulaient trop vite ?

Moushin et Lakhamy morts à Villiers-le-Bel, percutés par la police.

Une étudiante à Brest, tuée par une voiture de flics sans sirène ni gyrophare.

Un enfant rom de 6 ans renversé par des flics à Arras.

  • “La «Bac 10» se serait volontiers offert une petite pause, histoire de grignoter quelque chose. Mais les collègues n’attendent pas.”

Qu’est-ce qui est le plus touchant ? Le fait qu’Anne-Hélène se préoccupe à ce point de l’estomac des membres de la BAC ou son utilisation du mot «collègues» pour désigner les autres policiers ?

  • “La brigade canine arrive. Le chien donne de la voix. Les collègues en tenue arrivent en appui. Le petit fuyard a été rattrapé. A priori, il n’avait rien à se reprocher.”

L’article termine sur cette agression pathétique par un groupe de policiers dans une cité : les flics sont à deux doigts de provoquer une émeute dans un quartier pour interpeller gratuitement un gamin qu’ils jugent “suspect”.

Il s’agit d’un bien joli travail de réhabilitation des BACeux, service de la police française dont chacun connaît la douceur et la philanthropie. Manque de chance pour Anne-Hélène, “Christophe”, le héros de cette jolie aventure est un policier bien connu à Nantes. Il faudra mieux choisir ses clients à l’avenir.

Il s’agit de Christophe Recune, fréquemment présent pour réprimer les manifestations et qui était fidèle au poste avec ses collègues le 27 novembre 2007, quand les flics ont tiré au flashball sur une manifestation de lycéens. Un jeune perdait un œil. C’était le premier cas de ce type à Nantes. Pas le dernier.

Anne-Hélène fait donc l’apologie de criminels en puissance, armés et assermentés par l’État.


Ci-joint des images du 27 novembre 2007, puis d’autres photos de la BAC nantaise et leurs amis en action le 22 février dernier. Ils provoquent alors des dizaines de blessés.

27 novembre 2007 : Christophe (en blanc) aide son ami Franck (entouré en rouge) à tirer sur une manifestation lycéenne. Plusieurs personnes seront blessées, une gardera des séquelles à vie.

22 février 2014 : un membre de la BAC nantaise et ami de Christophe tire sur les manifestants avec son LBD.

22 février 2014 : un membre de la BAC nantaise et ami de Christophe tire sur les manifestants avec son flashball.

Faire un don à Contre Attaque pour financer nos articles en accès libre.